
Quelle joie pour Tim et Lili de retrouver le chalet de vacances au milieu des sapins ! Ils vérifient si rien n’a changé : leur chambre sous le toit avec sa lucarne, la piscine creusée dans le ruisseau, si froide qu’ils en ont la respiration coupée quand ils trempent leurs pieds dedans. Ils rejoignent le banc d’où l’on a une si belle vue sur la vallée et poussent un cri désolé : là où il n’y avait que des rochers et des fleurs, ils découvrent un nouveau chalet.
– Il y a un voisin au-dessus de nous ! s’écrient-ils en accourant dans la grande pièce qui sent bon le feu de bois.
Leurs parents se tournent vers Oncle Franz pour en savoir plus.
– C’est vrai, dit-il, un inconnu a fait construire un chalet sur le terrain du vieux Pierre. Je l’appelle l’Ours car le jour où je l’ai croisé, il avait un capuchon rabattu sur la tête et il a répondu en grognant à mon « bonjour » amical.
Tim se met à raconter des histoires effrayantes sur l’Ours de la montagne.
– Arrête, Tim, se plaint Lili.
– Il va t’emporter !
Pour faire taire son frère, la petite fille s’élance à sa poursuite. Sans s’en rendre compte, courant et riant, les enfants se retrouvent sur un escarpement rocheux. Tim réalise le danger :
– Attention, Lili !
Trop tard, la fillette glisse et se tord la cheville.
– Aïe, aïe ! Tim, je ne peux plus marcher !
Le petit garçon essaie de soutenir sa sœur quand une ombre s’étend au-dessus d’eux. C’est l’Ours et ils ne peuvent pas s’enfuir ! Tim serre sa sœur contre lui et tous deux ferment les yeux, quand une voix douce leur dit :
– N’ayez pas peur, je vais vous ramener au chalet de votre oncle !
Ils ouvrent des yeux étonnés. Devant eux se tient un jeune homme qui leur sourit gentiment.
– Je suis désolé, dit-il, quand votre oncle m’a vu, j’avais la grippe, je tremblais de froid et j’avais perdu ma voix. Il a dû se demander pourquoi j’étais emmitouflé comme ça…
– … Et pourquoi vous grogniez, ajoute Tim.
Tous trois rient, et le jeune homme prend délicatement Lili dans ses bras tandis que Tim marche près de lui.
– Je m’appelle Éric et je suis le petit-fils du vieux Pierre. Je venais chez lui en vacances quand j’étais petit et j’ai toujours rêvé d’y construire un chalet.
Leurs parents et Oncle Franz sont surpris de les voir revenir avec le voisin.
– Nous étions partis à la chasse à l’ours, lance Tim joyeusement, et nous ramenons un ami !
Cette histoire est parue dans le magazine Patapon en juillet-août 2025.
Texte d’Odile Haumonté
Illustrations de Camille Patureau
