EN AVENT – Jour 23 –

La Sainte Famille

La Sainte Famille de Nazareth est la famille formée par Joseph, Marie et l’Enfant Jésus. Jésus aurait pu venir dans le monde de multiples façons, toutes plus miraculeuses les unes que les autres, mais il a choisi de venir – d’une manière extraordinaire – dans une famille ordinaire.

La famille fait partie du plan de Dieu depuis le commencement : « En toi seront bénies toutes les familles de la terre[1] », promet Dieu à Abraham. « La famille a son origine dans l’amour même du Créateur pour le monde créé », écrivait saint Jean-Paul II dans sa Lettre aux familles[2].

On appelle souvent la Sainte Famille la « petite Trinité sur la terre ». Joseph, Marie et Jésus y sont unis par les liens de l’amour comme une représentation du Père, du Fils et du Saint-Esprit, avec une personne en commun : Jésus, fils de Marie et Fils de Dieu.

La vie de la Sainte Famille de Nazareth a été, comme pour nous, faite d’une alternance de joies et d’épreuves. En toutes ces épreuves, dans l’angoisse comme dans la joie, Joseph et Marie gardent la paix intérieure. Leur volonté cherche sans cesse à correspondre à la Volonté de Dieu. Leur confiance se place en Dieu, inébranlable. La joie est plus forte que l’angoisse, l’espérance est plus grande que la peur.

Avec la grâce de Dieu qui ne nous laisse jamais sans secours, faisons de nos familles des bastions imprenables, des forteresses où chacun peut se sentir à l’abri, des oasis de bien, de vie et d’amour. Prions la Sainte Famille de nous y aider !


[1] Livre de la Genèse 22, 18.

[2] 2 février 1994, § 2.

Pour aller plus loin :

Odile Haumonté, N comme Noël – Histoire, sens, tradition, EdB, 2021.

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EN AVENT – Jour 22 –

Un Enfant

Fallait-il que Dieu vienne parmi nous en se faisant enfant ? Fallait-il qu’il soit d’abord un embryon, puis un fœtus, et enfin un nouveau-né ? Ne pouvait-il pas venir dans toute sa Gloire ?

Oh si ! il aurait pu, puisqu’il est le Tout-Puissant. Le Fils qu’on appelle aussi le Verbe existait déjà en tant que Deuxième Personne de la Trinité, donc il pouvait prendre la forme qu’il souhaitait. Pourquoi a-t-il commencé sa vie terrestre comme nous la commençons tous ? Parce qu’il a voulu tout connaître de notre condition humaine, sans tricher, depuis le début dans l’utérus d’une femme jusqu’à la fin par la mort violente sur la croix. Saint Paul nous l’explique : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix[1]. »

À trois reprises, Jésus se montre à nous dans une totale vulnérabilité :

– comme petit enfant à la crèche ;

– quand il est comparé à un agneau, l’animal le plus démuni, sans griffes, sans crocs, l’animal sans défense, l’animal du sacrifice ; c’est Jean-Baptiste qui, le voyant passer, déclare : « Voici l’Agneau de Dieu[2] » ;

– quand il est cloué sur la croix, les bras grands ouverts pour étreindre toute l’humanité.

Pourquoi faut-il cette faiblesse, cet abaissement, cette humilité ? Sauront-ils convaincre ceux qui attendent un super-héros ? Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face nous donne la réponse dans sa dernière lettre[3], quelques mots écrits cinq semaines avant sa mort : « Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit… je l’aime ! »

Il fallait qu’il soit un nouveau-né, un bébé pour que nos défenses tombent, pour que nous n’ayons pas peur de lui, pour que nous le prenions dans nos bras.


[1] Lettre aux Philippiens 2, 5-8.

[2] Évangile de Jean 1, 36.

[3] LT 266 du 25 août 1897, à l’abbé Bellière.

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Odile Haumonté, N comme Noël – Histoire, sens, tradition, EdB, 2021.

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EN AVENT – Jour 21 –

Les rois mages

Ils n’étaient ni rois ni mages, dit-on souvent avec un brin de provocation.

Dans la Bible, le terme de mages désigne soit les membres de la caste sacerdotale perse, soit des magiciens[1]. L’importance de l’étoile va confirmer la première hypothèse : peut-être viennent-ils de la ville de Babylone qui fut un centre important d’astronomie, nous en avons la preuve par des découvertes archéologiques de tablettes couvertes de calculs astronomiques.

Ces hommes sont donc des astronomes, des scientifiques, ce qui inclut, à leur époque où tout est très lié, qu’ils sont aussi des philosophes : ils cherchent un sens, une vérité, une sagesse, ils cherchent le vrai Dieu.

Plus tard, pour montrer l’universalité de la foi – c’est l’humanité tout entière qui se rend à la Crèche –, on les a fait venir des trois continents connus : l’Afrique, l’Asie et l’Europe. On verra aussi en ces trois personnages les trois âges de la vie : l’un est jeune, l’autre est dans l’âge mûr, le troisième représente la vieillesse. « Les Mages nous enseignent qu’on peut partir de très loin pour rejoindre le Christ[1]. »

Dans l’Église d’Orient où elle est nommée Théophanie, l’Épiphanie est une grande fête qui surpasse même Noël car, à travers l’adoration des mages, on voit dans cet épisode la « manifestation » (c’est le sens du mot épipháneia en grec) de Dieu au monde.


[1] Le lecteur peut retrouver cette démonstration dans le livre de Benoît XVI, L’enfance de Jésus, ch. 4, § 2 « Qui étaient les mages », op.cit.

[1] Pape François, Lettre apostolique Admirabile signum, « Un signe merveilleux », 1er décembre 2019, § 9.

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Odile Haumonté, N comme Noël – Histoire, sens, tradition, EdB, 2021.

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EN AVENT – Jour 20 –

Marie

Que sait-on de Marie avant Noël ? Presque rien ! Si Luc nous raconte comment l’ange Gabriel – en mars, neuf mois avant Noël – est apparu à Marie pour lui annoncer la naissance de Jésus (voir « Annonciation »), Matthieu nous en dit beaucoup moins : « Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint[1]. » Quant à Marc et Jean, ils n’en parlent pas.

L’étymologie du nom « Marie » vient de l’hébreu Myriam, tiré des racines mar et yâm, signifiant « goutte de mer », mais aussi « amertume », et de l’égyptien merit, qui signifie « aimée ».

Marie est priée et invoquée sous bien des noms : la Vierge Marie, la Sainte Vierge, la mère de Jésus, la Mère de Dieu, Notre Dame. Puis on y attacha le nom des grâces reçues ou du lieu : Mère de Miséricorde, Notre-Dame de Lourdes, Notre-Dame de Paris, Notre-Dame du Bon Secours…

Les deux fêtes principales de Marie sont le 1er janvier, solennité de la Mère de Dieu, et le 15 août, solennité de l’Assomption, qui est même un jour férié dans certains pays, en France par exemple. On trouve 14 autres fêtes importantes réparties tout au long de l’année, par exemple la Visitation le 31 mai ; avec les fêtes secondaires et facultatives, au total ce sont 35 fêtes qui sont consacrées à Marie dans le calendrier romain, par exemple Notre-Dame de Lourdes le 11 février ou la fête du Saint Nom de Marie le 12 septembre.

Le samedi est le jour qui lui est dédié (le mercredi est le jour de saint Joseph, le dimanche est le jour du Christ ressuscité). Le mois de mai est le mois de Marie et octobre est le mois du Rosaire.

C’est beau de voir toutes ces fêtes qui s’entremêlent avec notre vie quotidienne, dans une sanctification du temps que le christianisme a héritée du judaïsme. Nous allons ainsi de fêtes en fêtes jusqu’au jour sans couchant de la Fête éternelle.


[1] Évangile de Matthieu 1, 18.

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Odile Haumonté, N comme Noël – Histoire, sens, tradition, EdB, 2021.

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EN AVENT – Jour 19 –

Emmanuel ou Jésus ?

Le prophète Isaïe avait annoncé en l’an 733 avant notre ère la naissance du Messie qui prendrait le nom d’Emmanuel : « Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel [en hébreu Immanou-El(c’est-à-dire : Dieu-avec-nous)[1]. »

Or, lorsque l’ange Gabriel apparaît à Marie, il annonce que le nom de l’enfant sera Jésus : « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus[2]. » Il fait de même quand il se présente en songe à Joseph : « [Marie ton épouse] enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés[3]. » Pourquoi cette divergence ?

Le Nom au-dessus de tout nom

Les commentateurs bibliques y voient en premier lieu une forme d’humilité, de secret : alors qu’aucun juif par respect n’aurait osé prendre le nom d’Emmanuel, beaucoup de petits garçons se nommaient Yĕhōshúaʕ, c’est-à-dire Joshua, Josué ou Jésus. Pour l’historienne Tal Ilan, c’est le sixième prénom masculin le plus populaire dans la Palestine du premier siècle, après Simon (10 % des garçons portaient ce nom), Joseph, Juda, Éléazar et Johanan (Jean)[4].

En second lieu, ce nom décrit la mission même de Jésus : il ne suffit plus que Dieu soit avec nous, il faut aussi qu’il nous sauve. « Tu lui donneras le nom de Salut (Yêshoua) car il sauvera (yôshia) son peuple de ses péchés. » Noël annonce déjà la Passion de Jésus, sa mort sur la Croix et sa Résurrection : c’est en donnant sa vie pour nous que Jésus se fait véritablement « Dieu avec nous ».

« Car le Nom exprime davantage que la mission : l’être même. Ce que l’Ange lui a clairement indiqué, sous forme de paradoxe : Yeshoua, c’est sa mission : “Le Seigneur sauve”. ImmanouEl, c’est son être : “Dieu-avec-nous”. Il ne peut sauver que s’il est Dieu[5]. »


[1] Livre d’Isaïe 7, 14.

[2] Évangile de Luc 1, 31.

[3] Évangile de Matthieu 1, 21.

[4] Tal Ilan, Lexicon of Jewish Names in Late Antiquity. Part I. Palestine 330 BCE – 200 CE, Mohr Siebeck, 2002, p. 54-58.

[5] Père Daniel-Ange, Les 8 voyages de saint Joseph, EdB, 2021.

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Odile Haumonté, N comme Noël – Histoire, sens, tradition, EdB, 2021.

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EN AVENT – Jour 18 –

La grotte

La Bible fait mention une trentaine de fois des grottes ou cavernes dans lesquelles les personnes pourchassées trouvaient refuge : « Fuyez, tournez le dos, retirez-vous dans les cavernes », dit par exemple le prophète Jérémie[1].

Les environs de Jérusalem étant formés de roches calcaires, les grottes y sont en effet très nombreuses. On les utilisait comme abris, comme étables, comme réserves. Dans cette région très rocailleuse, elles pouvaient aussi servir de tombeaux.

Nous retiendrons deux passages bibliques qui éclairent le mystère de la grotte de Noël :

– Le prophète Élie qui fuit la persécution de la reine Jézabel trouve refuge dans une caverne[2]. Le Seigneur lui demande alors de se tenir à l’entrée de la caverne, car il va passer devant lui. Il y a d’abord un ouragan, « si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers », mais le Seigneur n’est pas dans l’ouragan. Puis il y a un tremblement de terre, mais le Seigneur n’est dans ce tremblement de terre. Ensuite, il y a un feu, mais le Seigneur ne se trouve pas dans ce feu. « Puis tout se tait, et c’est dans un souffle de silence qu’Élie entend la voix de Dieu[3] » ; il perçoit « le murmure d’une brise légère » et comprend que, cette fois, le Seigneur est là !

Ainsi, Dieu qui vient dans le monde ne naît pas dans le somptueux palais du roi Hérode ou dans les ors du Temple ; il vient dans le secret d’une grotte, le plus humble les logements, le refuge des pauvres et des errants.

– Le jeune David qui fuit la colère du roi Saül trouve lui aussi refuge dans une grotte[4]. Or, Saül, s’éloignant de ses 3 000 hommes, va entrer dans cette grotte sans savoir que David et ses soldats s’y trouvent. David empêche ses hommes de se jeter sur le roi désarmé. Il crie à celui-ci : « Pourquoi écoutes-tu les gens qui te disent : “David te veut du mal” ? Aujourd’hui même, tes yeux ont vu comment le Seigneur t’avait livré entre mes mains dans la grotte ; pourtant, j’ai refusé de te tuer, je t’ai épargné. »


[1] Livre de Jérémie 49, 8.

[2] Premier Livre des Rois 19, 9-13.

[3] Traduction de Taizé.

[4] Premier Livre de Samuel 24, 2-22.

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EN AVENT – Jour 17 –

Les cloches

On ne trouve pas autant de rituels concernant les cloches à Noël qu’à Pâques : à Noël, ce sont peut-être davantage les clochettes et les grelots qui sont présents dans les décors ou les images de Noël. On pensera bien sûr aussi au célèbre Jingle Bells (1857) qui signifie « Tintez, cloches », et non « Vive le vent », comme on peut s’en apercevoir.

Les clochettes n’ont pas toujours été annonciatrices de joie : dans l’Antiquité, les lépreux devaient signaler leur arrivée par une clochette ou une crécelle afin que les gens puissent s’éloigner d’eux ; au Moyen Âge, les clochettes étaient censées éloigner les mauvais esprits. Puis les clochettes ont retrouvé leur voix joyeuse quand on les a accrochées au harnais de l’âne de saint Nicolas ou des rennes du Père Noël, et à leur traîneau.

Les cloches ponctuent les événements heureux ou tristes ; pourquoi est-ce si important de marquer le temps ? Le cycle des jours et des nuits, la ronde des saisons nous enseignent que nous sommes ancrés dans une temporalité : nous naissons, nous vivons, nous mourons. Il en va de même pour l’Église.

L’alternance des temps joyeux : le temps de Noël, le temps pascal ; des temps plus austères de conversion et d’attente : l’Avent, le Carême ; la sérénité confiante du temps ordinaire ; les fêtes réparties tout au long de l’année… tout cela nous invite à vivre une foi concrète, incarnée, une foi au fil du temps.

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Odile Haumonté, N comme Noël – Histoire, sens, tradition, EdB, 2021.

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EN AVENT – Jour 16 –

Les cadeaux

La course aux cadeaux ! Comment en est-on arrivé là ? se demandent parfois les parents débordés. C’était si simple, au début : une boîte de cubes, un bateau pirate, la voiture de Barbie (vraie ou fausse). Puis c’est passé au jeu vidéo à 70 euros, au dernier smartphone, à l’ordinateur… Est-ce que nous n’avons pas l’impression d’avoir perdu le vrai sens de Noël ? Et l’envie de revenir à une fête plus sobre et plus authentique ?

Finalement, comme l’avait fait remarquer un jour une de mes filles, le seul qui devrait recevoir des cadeaux en ce jour, c’est Jésus dont on fête l’anniversaire !

Cette tradition date vraisemblablement du XVIIe siècle et trouve son origine dans les cadeaux que les rois mages apportent à Jésus, mais, dans l’Antiquité romaine, il existait déjà une coutume d’offrir des étrennes au solstice d’hiver, pour les fêtes des Saturnales, généralement de la part des maîtres à leurs ouvriers et à leurs serviteurs.

Aujourd’hui, il y a un consensus pour recevoir les cadeaux du Père Noël ou de l’Enfant Jésus (das Christkind en Allemagne, el Nino Dios en Amérique latine), soit le 24 décembre au soir, soit le 25 décembre au matin, mais il n’en a pas toujours été ainsi :

– en Lorraine, en Alsace, en Allemagne, c’était saint Nicolas qui apportait des cadeaux aux enfants le 6 décembre, à condition qu’ils aient été bien sages ;

– en Italie, les enfants recevaient des cadeaux à l’occasion de la Sainte-Lucie, le 13 décembre ;

– en France, les enfants recevaient leurs étrennes le 1er janvier ; le Nouvel An était l’occasion d’une tournée matinale pour aller rendre visite aux grands-parents, oncles et tantes, afin de présenter les bons vœux et de recevoir en échange des chocolats ou une somme d’argent ;

– en Espagne comme dans les pays de l’Est, les cadeaux étaient échangés le 6 janvier, à l’occasion de l’Épiphanie ou fête des rois.

C’est au milieu du XIXe siècle que la fête de Noël est récupérée par les commerces pour devenir peu à peu l’occasion d’un échange généralisé de présents, toutes générations confondues.

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EN AVENT – Jour 15 –

La bûche de Noël

Traditionnellement, la bûche de Noël ne se mangeait pas : elle se brûlait ! Coupée dans un beau tronc bien sec, de belle taille, la bûche de Noël rappelait que l’Enfant Jésus dans l’étable n’avait rien pour se chauffer, seulement le souffle de l’âne et du bœuf, et qu’il eut froid.

En parallèle, il existait une tradition païenne qui consistait à brûler une belle bûche prise dans un arbre fruitier, ou dans un chêne selon les régions, au moment du solstice d’hiver, pour que les récoltes de l’année soient bonnes.

Toute la maisonnée, la famille comme les domestiques, se réunissait devant l’âtre et avant de l’allumer, le père de famille ou l’homme le plus âgé bénissait la bûche avec une branche de buis ou de laurier datant du dimanche des Rameaux de l’année précédente. On chantait et on distribuait aux enfants des friandises ou des fruits secs.

Elle porte souvent le nom de « tréfeu » ou trois feux, car elle devait brûler trois jours. Ses cendres étaient ensuite soit gardées pour protéger la maison, soit répandues dans les champs pour garantir des récoltes abondantes.

La disparition progressive des cheminées a entraîné à la fin du xixe siècle la confection de ce gâteau en forme de morceau de bois, traditionnellement fait de génoise roulée et recouverte de crème au beurre. On la décorait de lutins bûcherons, de haches, de scies, de champignons, de feuilles d’arbre pour évoquer son origine sylvestre.

Aujourd’hui, on en trouve de toutes sortes, souvent plus légères, avec une préférence marquée pour la bûche glacée.

Au plus noir de l’hiver – le solstice est la nuit la plus courte de l’année –, ce feu de joie vient repousser les ténèbres, comme la venue de Jésus qui fait reculer les ténèbres du péché et de la solitude humaine.

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EN AVENT – Jour 14 –

Bethléem

Dans la Bible, c’est la ville de Rachel : l’épouse bien-aimée de Jacob meurt à Bethléem, appelée aussi Ephrata, en mettant au monde son deuxième fils, Benjamin. « Rachel mourut et on l’enterra sur la route d’Éphrata, c’est-à-dire Bethléem[1]. » Son tombeau, à l’entrée de la ville, est un lieu saint pour les juifs.

C’est aussi la ville de David. Dans la Bible, le livre de Ruth, écrit au ixe ou viiie siècle avant Jésus-Christ, nous raconte l’histoire de cette femme de Moab, devenue veuve, qui a suivi sa belle-mère Noémi pour retourner en Judée : « Où tu iras, j’irai ; où tu t’arrêteras, je m’arrêterai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu[2]. » Toutes deux, seules et pauvres, s’installent à Bethléem, berceau de la famille de Noémi. Ruth se fera aimer de Booz, un riche propriétaire, parent de son défunt mari, qui l’épousera. Elle lui donne un fils, Obed, qui aura un fils nommé Jessé : « Le Seigneur dit au prophète Samuel : Je t’envoie auprès de Jessé de Bethléem, car j’ai vu parmi ses fils mon roi[3]. » Il s’agit de David, dont le nom signifie « le bien-aimé », qui deviendra le plus grand roi d’Israël.

C’est enfin la ville du Messie, du Christ (Messie est le mot hébreu et Christ est le terme grec), comme l’a annoncé le prophète Michée : « Et toi, Bethléem Éphrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. […] Dieu livrera son peuple jusqu’au jour où enfantera… celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les fils d’Israël. Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom du Seigneur, son Dieu. Ils habiteront en sécurité, car désormais il sera grand jusqu’aux lointains de la terre, et lui-même, il sera la paix[4] ! » 

Cette prophétie sera reprise par les grands prêtres et les scribes de Jérusalem quand Hérode, au moment de la visite des mages, leur demandera « où devait naître le Christ[5] ».


[1] Livre de la Genèse 35, 19.

[2] Livre de Ruth 1, 16.

[3] Premier Livre de Samuel 16, 1.

[4] Livre de Michée 5, 1-3.

[5] Évangile de Matthieu 2, 4.

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