Le parfum de l’innocence

D.R.

Ce matin, j’entame sans y faire attention un nouveau gel douche « citron basilic » et soudain surgit dans la vapeur une madeleine de Proust, une réminiscence : ce parfum de citron un peu artificiel évoque très nettement un bonbon revenu du passé, une sorte de pâte de fruits très gélatineuse dans son emballage en plastique. J’en ai presque le goût dans la bouche durant quelques secondes !

L’odorat, pour nos frères juifs, est le seul sens qui a été préservé de la chute (Genèse 3) : Ève a écouté le serpent, a regardé le fruit défendu, l’a touché, l’a goûté ; mais elle ne l’a pas senti. C’est pourquoi les parfums ont tant d’importance dans la liturgie juive et, par ricochet, dans la liturgie catholique avec l’encens ou l’huile.

Dans les Évangiles aussi, on trouve deux scènes d’onction parfumée : la femme pécheresse qui oint les pieds de Jésus quand il se trouve chez Simon le Pharisien ; et l’onction de Béthanie (lue au début de la Passion, le dimanche des Rameaux) quand Jésus est chez Lazare et prononce cette si belle parole : « Partout où l’Évangile sera proclamé – dans le monde entier –, on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire. » (Marc 14, 1-15 ; lecture du dimanche 25 mars)

On dit aussi de quelqu’un qui a mené une vie édifiante qu’il est mort « en odeur de sainteté ». Et qu’y a-t-il de plus émouvant que le parfum de la peau d’un petit bébé que l’on tient tout contre sa joue ?

Les parfums viennent éveiller en nous des zones enfouies de souvenirs d’enfance et d’émotions intactes : l’herbe coupée des soirs d’été, la barbe-à-papa ou la pomme d’amour des jours de fête foraine, un vieux banc de bois dans une église silencieuse, les saucisses grillées des matchs de foot du temps où l’on pouvait entrer gratuitement dans le stade à la deuxième mi-temps. Et quand on cuisine pour ceux qu’on aime, est-ce que les bonnes odeurs qui montent des plats ne sont pas une promesse de convivialité et de partage ?

Laissons monter vers Dieu les parfums très purs de notre amour et de notre prière afin que la maison « soit remplie tout entière par l’odeur du parfum » qui s’élève de nos vies.

Bonne semaine !

Odile

Des fourmis et des hommes

D.R.

Alors que le premier perce-neige déploie ses clochettes blanches, Noël semble déjà loin ; j’ai enlevé le sapin et les décorations, mais pas encore la crèche puisqu’on peut la laisser jusqu’à vendredi, jusqu’au 2 février, fête de la Présentation de Jésus au Temple, appelée aussi fête des lumières ou Chandeleur.

Hier, je méditais devant cette jolie crèche composée de santons de terre cuite brute, qui nous accompagne depuis nos fiançailles, mais qui s’est agrandie au fil des années. Aux personnages se sont ajoutés des animaux et des éléments de décor comme un mur de pierres, un puits, un cabane de bergers… J’observais ce petit peuple affairé qui se hâte vers la Sainte Famille et je pensais que je voyais ces gens, finalement, un peu comme Dieu nous voit : de haut, de loin.

Puis j’ai réalisé que non, je ne les voyais pas comme des fourmis, minuscules et tous pareils ; je voyais chacun dans son activité : le meunier qui porte son sac de farine, la lavandière à genoux, le musicien avec sa guitare, le vieux curé en soutane, la paysanne avec son panier sur la tête, la femme au parapluie et même le chat sur la margelle du puits. Je les connais, chacun selon ses caractéristiques ; je sais que le ravi a le bras un peu ébréché, mais que ça ne se voit pas si on le tourne vers la droite. Et je les aime tous ! Quand vient le moment de les remettre dans leur boîte, je les emballe chacun dans un mouchoir en papier pour le protéger ; et c’est toujours la même joie de les ressortir au début de l’Avent et de les voir reprendre leur place, sur la commode, dans cette joyeuse procession vers l’étable où le berceau de l’Enfant-Jésus est encore vide. De les voir reprendre leur place dans la plus belle histoire du monde. Et si l’un d’entre eux n’y était plus, il manquerait. Même la marchande de poissons que nous avons en double !

Dieu nous regarde ainsi : avec amour, avec tendresse. Il connaît nos éraflures. Mais lui ne nous contemple pas de haut, de loin. Non. Il est venu parmi nous en Jésus, il a pris un visage d’homme, un métier d’homme et les souffrances des hommes. Il ne s’est pas fait fourmi ; il est devenu vrai Dieu et vrai homme pour que nous puissions croire en l’amour. Alors, qu’attendons-nous pour sentir notre cœur se dilater à cette bonne nouvelle ?

Bonne semaine !

Odile

Besoin de renouveau

D.R.

Dans les laudes de ce lundi, je retiens le verset du Psaume : « Les arbres des forêts dansent de joie. » Pourtant, comme ils sont dépouillés, en ce mois de janvier, les arbres de nos forêts, tandis que nous pataugeons dans la boue des chemins ! Après le Black Friday qui a mis à mal notre carte bancaire, voici le Blue Monday qui éprouve notre moral en nous présentant le jour le plus déprimant de l’année – c’était pour cette année le 15 janvier. De surcroît, nous approchons de février, le mois qui connaît le plus de dépressions.

Nous sommes donc loin de danser de joie en regardant tomber la pluie. Pourtant, début janvier, nous étions pleins d’allant pour aborder cette nouvelle année avec ses surprises et ses promesses, armés de nos bonnes résolutions comme d’un bouclier contre la morosité ambiante.

Or, moins d’un mois plus tard, nous voici déjà amers et découragés. Nous avons besoin de renouveau ! Nous avons besoin de renouveler notre quotidien ! Non pas seulement notre garde-robe grâce aux soldes – est-ce que vous êtes comme moi envahis de spams agaçants qui vous promettent toutes les grandes marques avec 70% de réduction ? – ou à l’envie de partir au soleil, mais un renouvellement intérieur de notre énergie et de notre enthousiasme.

Soyons attentifs aux petites choses, aux clins d’oeil, dans notre vie quotidienne, de la fée Clochette ou de l’Esprit Saint ! Envie de réorganiser votre salon ? Allez-y ! Envie de vous (re)mettre au sport ? Allez-y ! Saisissez les occasions qui croisent votre route. Par exemple, en recevant la nouvelle formule de mon hebdo Famille Chrétienne, j’y trouve une belle recension de mon dernier livre – Au quotidien avec les femmes de la Bible – et cette petite phrase : « A découvrir également sur son blog » avec un lien vers ce site ; j’ai alors réalisé que ce site ou blog, en fait, je l’alimentais très peu, d’où ma résolution de proposer chaque lundi une petite réflexion pour nous motiver ensemble, nous faire sourire ou méditer ! Je vous souhaite aujourd’hui de danser de joie en ayant trouvé une pépite de joie dans votre journée.

Très bonne semaine !

Odile

Les Salons du Livre des 2 et 3 décembre

  • Samedi 2 décembre de 10h à midi : Fête de l’école Saint-Dominique – Le Pecq
  • Samedi 2 décembre de 14h à 18h : Salon des Ecrivains Catholiques, Paris, mairie du 6e place Saint-Sulpice.
  • Dimanche 3 décembre de 14h à 17h : Fête de l’école de la Rochefoucauld, Paris 7e.

 

Un moment de rencontres et d’échanges, et la possibilité de faire des cadeaux personnalisés en faisant dédicacer les livres par les auteurs !

Au quotidien avec les femmes de la Bible

La Bible est traversée par de nombreuses femmes, qui ont toutes quelque chose à nous dire aujourd’hui.

Un voyage à la rencontre de ces femmes qui nous parlent d’elles et de nous.

EDB, 2017.

Sainte Joséphine Bakhita, De l’esclavage à la liberté

La vie de sainte Joséphine Bakhita, esclave soudanaise devenue religieuse en Italie et qui a été canonisée par le pape Jean-Paul II.

Une hymne à l’espérance, à la confiance et au pardon.

Collection « Les Sentinelles » n° 49, Téqui 2017.

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Le Papillon d’or et autres histoires lumineuses

Ce livre de 21 contes ou histoires vraies – en collaboration avec Catherine de Lasa (Pomme d’Api, collection Oscar…) – est destiné à faire rêver, amuser, faire voyager. Des personnages attachants et des aventures extraordinaires pour rire ou trembler !

Editions Téqui, juin 2017.

Une belle recension pour Elisabeth et Guite

Recension parue dans le n° 251 de juin de la revue ACTION FAMILIALE ET SCOLAIRE pour l’ouvrage :

ÉLISABETH DE LA TRINITÉ ET SA SOEUR GUITE

Odile Haumonté – Éd. des Béatitudes (2016, 124 p. 11,50 €)

Quelle âme généreuse et sensible possède donc la jeune Élisabeth Catez ! Passionnée, elle croque la vie à pleines dents, goûtant aux réceptions de la société dijonnaise et aux fêtes militaires, ou jouant durant des heures au piano dans lequel elle excelle… Sa sœur cadette, Guite, plus effacée, l’accompagne partout. Leur mère, à laquelle elle est très attachée, rêve d’un beau parti qui les tirerait de la gêne où elles se trouvent toutes trois depuis le décès de M. Catez…

Mais voilà, depuis l’âge de huit ans, Élisabeth rêve d’entrer au carmel de Dijon, tout près de la maison familiale. Au milieu de sa vie mondaine, elle saura garder un cœur brûlant d’amour pour Jésus, se recueillir en ce Dieu dont elle va vivre de plus en plus intensément dans le silence de son âme. Ne va-t-elle pas se définir plus tard comme la sainte du recueillement intérieur ? S’arracher au foyer familial sera pourtant une véritable souffrance, pour la maman et les deux sœurs. Odile Haumonté a très bien su rendre la profondeur de cette épreuve. La vocation religieuse ne diminue en rien les liens affectifs, elle semble même les resserrer et les fortifier. En témoigne la correspondance épistolaire entre les deux sœurs. Élisabeth et Guite vont rester très proches. Élisabeth saura voir dans le mariage de sa sœur, puis les naissances de ses deux premières nièces, une image de l’amour divin et de la tendresse maternelle de Dieu. Ainsi toutes deux vont se nourrir de la même spiritualité : devenir une « louange de gloire ». Après la mort d’Élisabeth, Guite aura sept autres enfants et restera veuve à 42 ans. Elle continuera de vivre toute cachée en Dieu et édifiant ses enfants.

Deux beaux modèles de sainteté, humains et facilement accessibles pour nos adolescentes.

La joie de l’étoile

janv14

Chers amis internautes,

« À la vue de l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. » (Mt 2, 10) Cette phrase tirée de l’évangile de l’Épiphanie rejoint celle d’un poème d’Edmond Rostand sur le même thème : « Tandis qu’il tenait son seau d’eau par son anse,/ Dans l’humble rond de ciel où buvaient les chameaux/ Il vit l’étoile d’or, qui dansait en silence. » (Les Rois Mages) Dans le mystère de l’Épiphanie se mêlent la puissance et l’humilité, l’obscurité et la lumière. Je retrouve ce contraste dans les principales réalisations d’un homme qui passa de l’obscurité – 27 ans de captivité – à la lumière – président de la Nation Arc-en-Ciel : Nelson Mandela, décédé le 5 décembre 2013.

Dans son discours d’investiture à la présidence, Nelson Mandela a cité un texte de Marianne Williamson : « C’est notre propre lumière et non notre obscurité qui nous effraie le plus. Nous nous posons la question : “Qui suis-je, moi, pour être brillant, radieux, talentueux et merveilleux ?” En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ? Vous êtes un enfant de Dieu. Vous restreindre, vivre petit, ne rend pas service au monde. Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous. » (extrait)

Est-ce que nous n’avions pas déjà entendu Jésus nous le dire : « Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 14) ? Alors, qu’attendons-nous pour briller ? Cela nous semble constituer un mouvement d’orgueil, de vanité. Il s’agit plutôt de savoir si, oui ou non, nous croyons en la lumière que nous portons. Je me souviens d’une élection des délégués de classe, au collège. Une de mes filles, qui devait être en sixième ou en cinquième, revint de cours en nous annonçant triomphalement : « Je suis déléguée de classe ! J’ai été élue par vingt-sept voix sur vingt-sept ! » Étonnement de notre part : « Tu as voté pour toi ? » (sous-entendu : ce n’est pas très poli, ça ne se fait pas, voyons !) Elle nous répondit sur un ton d’évidence : « Si je ne crois pas à mon programme, comment convaincre les autres d’y croire ? »

Nous croyons en nos enfants, en nos amis, nous les encourageons, nous décelons leurs qualités, leurs compétences, leur détermination. En sommes-nous capables envers nous-mêmes ? Nous encourageons-nous, nous admirons-nous ? Bien sûr que nous marchons sur une ligne de crête entre le manque d’estime de soi et l’orgueil, et alors ? Nous marchons vers le Père de toutes les Miséricordes qui pose sur nous son regard d’amour. Le plus orgueilleux des hommes dans toute sa vie ne pourra pas produire une miette de l’orgueil que le Père éprouve pour nous, ses enfants, quand il nous voit faire… ou ne rien faire. Il voit ce que nous sommes capables de réaliser, il voit ce qu’il a mis en nous pour nous rendre capables de briller. « Je suis la lumière du monde »… cela aussi, Jésus l’a dit et il nous invite à prononcer ces mots à sa suite pour que nous devenions lumineux, rayonnants. Nous brillerons comme des étoiles et beaucoup, à la vue de cette lumière, éprouveront une très grande joie.

C’est l’Épiphanie tous les jours quand nous sommes des porteurs de lumière, des porteurs de Dieu !

Belle année 2017 !

 

Saint Nicolas

saint-nicolas  Voici mon numéro 40 : Saint Nicolas, sa vie, son message, son héritage, vient de paraître dans la collection « Les grands figures de la Spiritualité chrétienne », Le Figaro-Presses de la Renaissance.

Célèbre, mais mal connu, redécouvrons la belle spiritualité de saint Nicolas !