Salon des Ecrivains Catholiques

  • Rendez-vous ce samedi 1er décembre 2018 de 14h à 18h30 au Salon des Ecrivains Catholiques, Paris, mairie du 6e place Saint-Sulpice.

L’occasion de faire de belles rencontres, d’échanger, de trouver des cadeaux de Noël personnalisés !

L’impératrice Zita – Du conte de fées à l’Evangile

Pour les jeunes et pour tout public, voici la vie de l’impératrice ZITA d’Autriche.

Née en 1892 et morte en 1989, c’est presque un siècle que Zita a traversé, des fastes de la cour d’Autriche-Hongrie à la pauvreté de l’exil. Succédant à la célèbre Sissi, la dernière impératrice d’Autriche a marqué son court règne (à peine deux ans), durant la Première Guerre mondiale, par sa générosité, sa bonté, son attention aux soldats blessés et aux populations victimes de la guerre. Quand l’Empire s’effondre en 1918, Charles et Zita sont chassés d’Autriche et exilés sur l’île de Madère.

Devenue veuve de l’empereur Charles à trente ans, seule avec ses huit enfants, Zita fait front avec courage et dignité, puisant sa force dans l’Eucharistie et la prière. En 1982, après soixante années d’exil qu’elle a vécues au service de la construction européenne, elle est autorisée à revenir en Autriche, sa « chère patrie ». Elle meurt en Suisse à l’âge de 96 ans, mais c’est en Autriche que ses funérailles officielles ont lieu, en présence d’une foule émue de six mille personnes.

Editions Pierre Téqui, collection « Les Sentinelles » n° 51.

Zita, l’impératrice soleil

Magnifiquement illustrée par Anne-Charlotte Larroque, voici pour les petits la vie de l’impératrice ZITA d’Autriche.

Sa vie a commencé comme un conte de fées avant de traverser les épreuves et la souffrance, mais elle a gardé le sourire en toutes circonstances, s’appuyant sur la prière et la foi en Dieu. Son témoignage rayonnant éclaire de sa lumière toute l’histoire du vingtième siècle.

Editions Pierre Téqui, collection « Les Petits Pâtres ».

 

Une nouvelle présentation pour Joseph, le secret du juste

Après avoir été épuisé durant deux ans, Joseph, Le secret du juste renaît dans la collection Aux Quatre Vents.

Joseph, Marie… L’histoire du salut est d’abord une histoire d’amour !

Aux Editions des Béatitudes.

 

La coupe du salut

Dans l’Ancien Testament, quand il est question de « la coupe », il s’agit de la colère de Dieu contre le péché des hommes, il s’agit d’une punition. Avec Jésus, dans son agonie au Jardin des Oliviers, la coupe s’approche de ses lèvres et il la reçoit dans une angoisse mortelle, au point que sa sueur se change en « grosses gouttes de sang qui tombent jusqu’à terre » (Luc 22, 44), les médecins nous disent que cela peut arriver dans des moments de très profonde angoisse. Jésus prie son Père pour que cette coupe s’éloigne de lui… s’il est possible.

Pendant un instant, une seconde dans laquelle il est pleinement homme, abandonné comme il nous semble l’être parfois, Jésus cherche une autre possibilité pour qu’advienne le salut de l’humanité. Puis il se reprend, se raccroche à la raison d’être de son Incarnation : faire la volonté de son Père, lui être uni en toutes choses. « Non pas ma volonté, mais ta Volonté. » La Volonté du Père est son point d’ancrage, sa nourriture, sa joie sans fin ! Et ses lèvres pures se posent sur la coupe immonde de nos péchés. Il embrasse nos chutes comme il embrasse l’éponge chargée de vinaigre, après avoir refusé le vin mêlé de myrrhe, plus doux et parfumé, et qui est surtout anesthésiant. Oh ! baiser de Dieu qui vient nous relever ! Dieu a cherché Adam dans le jardin de la trahison : « Où es-tu ? » Il a espéré que l’homme déchu vienne se jeter à ses pieds : avec quelle joie il lui aurait accordé le baiser du pardon. Mais l’homme et la femme se sont cachés. Ils ont peur de la miséricorde, peur du regard trop pur et trop innocent de leur Père se posant sur leur nudité dévoilée, sur leur humanité avilie.

Jésus est venue dans notre nature humaine pour nous donner ce baiser et le perpétuer jusqu’à la fin des siècles : « Prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versée pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés. » (Paroles de la consécration du vin)

La coupe de l’amertume est devenue le calice de la rédemption, la coupe du salut devant laquelle nous nous inclinons à chaque Eucharistie. Quel mystère ! Entrons dans cette Semaine sainte en accompagnant Jésus chaque jour dans son agonie à Gethsémani, comme nous le pourrons, au milieu de nos obligations professionnelles et familiales : une heure, vingt minutes, trois minutes… mais de tout notre cœur.

Belle marche vers la joie de Pâques, car la Passion n’existe que pour et par la Résurrection !

Odile

Drôle de métier

En lisant une interview de la danseuse russe Sophie Galitzine, je m’arrête sur ces mots : « Le « métier » de mère est d’une beauté magnifique, mais il exige une abnégation qui n’est saluée d’aucune reconnaissance. »

Il y a, je trouve, une désacralisation du rôle de mère, devenu un métier. Par exemple, dans son spectacle très drôle de 2009, Mother Fucker, Florence Foresti s’attache à présenter la maternité sous ses dehors les plus terre-à-terre… qui sont réels, bien entendu – et cela fait du bien d’en rire – mais qui sont loin d’être l’essentiel. Elle ne parle pas du regard que votre enfant pose sur vous, et qui vous fait soudain exister. Elle ne parle pas du poids de la tête de votre bébé contre votre épaule, quand il s’endort en toute confiance et que vous n’osez plus bouger, tant pis si votre bras s’ankylose, vous pourriez rester ainsi pour l’éternité.

Aujourd’hui, bien plus qu’avant, on décide d’être mère : on attend d’abord de trouver « le bon » (comprenez : père), on profite ensuite de la vie à deux (et c’est normal de construire le « nid » avant d’y accueillir des enfants), on décide enfin du bon timing. Si nos mères avaient toutes planifié le bon moment, certains d’entre nous ne seraient pas là à lire ces lignes (rire).

Le problème est qu’à force d’être trop planifié, l’enfant n’est plus une surprise, une aventure qui nous façonne à mesure qu’on la vit : il devient un élément parmi d’autres de notre plan de carrière !

Si l’on n’en voit que les côtés matériels ou financiers, l’organisation, l’emploi du temps surchargé, alors oui, être mère est un métier. Sauf qu’on ne démissionne pas ! Pour paraphraser le verset 4 du Psaume 109 : « Tu es mère à jamais. » L’enfant n’est pas un petit « nous » que nous sortons d’un tiroir quand nous avons besoin de nourrir notre estime de soi ; il est pleinement « lui » et peut-être qu’il nous repoussera, qu’il nous contredira, qu’il nous provoquera. Et alors ? Rien ne nous séparera jamais de lui. Nous l’attendrons, jour après jour, en priant pour lui, en le guettant « au loin » comme le père dans la parabole du Fils prodigue. Parce que nous sommes mères à jamais. Parce que cet enfant qui est sorti de nous demeure en nous pour toujours.

Seigneur, aide-nous à poser un regard d’émerveillement et d’espérance sur chacun de nos enfants, aide-nous à te les présenter, jour et nuit, dans tout ce qu’ils font, en te rendant grâces pour tout ce qu’ils sont.

Bonne semaine !

Odile

Faire tomber les barrières

En avant, Lucie ! éditions Pierre Téqui

J’aurais cru que des films comme Intouchables ou Les Mistrals gagnants feraient tomber les barrières entre les personnes handicapées ou malades et les bien-portants, barrières qui ont toujours existé puisque, même au temps de Jésus, les disciples osent demander en voyant l’aveugle-né : « Seigneur, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répond aussitôt : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. » (Jean 9, 1-38)

 

Je discutais, aux éditions Pierre Téqui où je travaille, avec notre commercial au sujet du livre En avant, Lucie !, un roman pour jeunes qui décrit le parcours d’une jeune aveugle, ses difficultés, sa colère, ses doutes, jusqu’à l’arrivée dans sa vie de Lasco, chien guide. Il me disait que ce livre juste et émouvant, dont l’auteur a perdu la vue à l’âge de 9 ans, a reçu un accueil mitigé de la part des libraires : « Oh ! un livre sur le handicap, c’est difficile… »

C’est difficile de briser les barrières, d’oublier la peur de part et d’autre : car les bien-portants aussi ont peur, ils ne savent pas comment aborder la personne, ils craignent de faire une gaffe. Bon nombre de personnes handicapées témoignent que leur chien n’est pas seulement le compagnon fidèle qui les soutient efficacement ; il est aussi l’intermédiaire que les gens saisissent pour nouer le contact : « Il est beau, votre chien, il est bien sage », « Il s’appelle comment ? »

Souvent, les barrières ne sont pas un mur de pierre, juste un rideau, et il ne faudrait pas grand-chose pour le soulever. Je lisais dans la revue Un regard pour deux, le magazine des Chiens Guides de l’Est, qu’un supermarché Leclerc ouvre ses portes aux élèves chiens guides pour leur permettre de faire leur apprentissage dans des conditions réelles, au milieu des clients et des caddies. Cela peut sembler être une goutte d’eau, mais c’est comme l’effet papillon : cela commence par un reflet de couleurs sur les ailes d’un papillon et cela se termine par un arc-en-ciel qui traverse le ciel.

Ose ! chantait Yannick Noah. Osons faire le premier pas, le premier sourire, un mot sur le temps… ou sur le chien ! « C’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui », nous dit Jésus à propos de l’aveugle-né. En lui, et peut-être aussi en nous, quand nos cœurs et nos mains sont fermés par la peur, par la gêne, par la fausse pudeur. Par la crainte, nous aussi, d’être rejetés, car qui sommes-nous pour venir jeter au visage de la personne malade ou handicapée notre bonne santé assortie de nos grands soucis et de nos petits malheurs ? Peut-être qu’il nous manque seulement de pouvoir nous reconnaître comme deux pauvres, mais deux enfants de Dieu qui s’apprivoisent sous le regard de leur Père.

Bonne semaine !

Odile

Chiens Guides de l’Est

En avant, Lucie !

 

Allons-nous fuir l’Eglise ?

D.R.

Pour certains (ou beaucoup ?) d’entre nous, il existe dans notre chemin de foi le cuisant souvenir d’un moment, d’un événement où l’Église nous a blessés ; ou, plutôt, de circonstances où des hommes ou des femmes dans l’Église nous ont blessés. Car l’Église n’est pas une entité abstraite, c’est lui, c’est elle, c’est vous, c’est moi.

La vive conscience d’appartenir à l’Église en tant que Corps du Christ, c’est à Taizé que je l’ai reçue. Quand j’ai découvert ce petit « printemps de l’Église » en 1986, ma première pensée d’adolescente généreuse que son église de quartier n’accueillait pas à bras ouverts dans sa bonne volonté ecclésiale fut : « C’est tellement mieux qu’en paroisse ! » Mais les Frères de Taizé ne l’entendaient pas de cette oreille : tous les enseignements, tous les groupes de discussion nous renvoyaient fermement vers notre propre paroisse.

Frère Roger lui-même écrivait : « Dans cette communion d’amour qu’est le Corps du Christ, son Église, s’introduisent parfois des inconséquences. Elles font beaucoup souffrir. Alors, allons-nous fuir ? Non, jamais. Nous ne pouvons qu’accourir pour soutenir un renouveau dans le peuple de Dieu. »

Ces mots nous dérangent et nous bousculent ! Si notre paroisse ne correspond pas à nos attentes, nous pouvons rester les bras croisés en râlant et en trouvant des fidèles autour de nous avec qui partager nos mécontentements ; nous pouvons aller voir ailleurs si l’herbe y est plus verte et les chants plus dynamiques ; nous pouvons enfin « accourir » et « soutenir un renouveau » que nous souhaitons. Cela peut prendre de nombreuses formes, comme : lancer un Parcours Alpha ; proposer une veillée de louange ou d’adoration du Saint-Sacrement de temps en temps ; rejoindre l’équipe de la préparation au mariage pour la rajeunir si elle s’essouffle un peu ; monter une chorale avec quelques volontaires autour de l’animatrice qui s’efforce toute seule de transmettre sa joie de chanter pour Dieu ; constituer un petit noyau qui animerait une messe avec les familles une fois par mois, où les ados et les jeunes enfants auraient tous un rôle à jouer. Et bien d’autres idées qui, j’en suis sûre, vous tiennent à coeur dans le secret.

Nous aurons à nous montrer patients : parfois, cela prendra plusieurs mois, voire deux ou trois ans. Nous serons sereins et persévérants, confiants et joyeux, nous intéressant aux autres activités de la paroisse, participant aux temps forts. Peut-être que nous aurons à souffrir des « inconséquences » de telle ou telle personne ou du fonctionnement même du système, mais nous tiendrons bon.

Fuir ? Jamais ! À qui irions-nous ? Jésus lui-même a bâti l’Église en nous promettant que la puissance de la mort ne l’emporterait pas sur elle. C’est à nous qu’est confiée cette promesse, c’est à nous de retrousser nos manches pour la faire exister et rayonner.

Bonne semaine !

Odile

Merveille que je suis

D.R.

Je suis tombée sous le charme du film Belle et Sébastien (2013), pas seulement à cause de la nostalgie de retrouver la célèbre série de 1965 (même si la chanson « Belle, tu es si belle… » m’a émue ; prenez le temps dans cette journée de l’écouter tranquillement en buvant du thé vert), mais à cause de la beauté des images et du charme du jeune acteur. Un des personnages, André, va révéler à Sébastien le secret de Belle, en prononçant cette phrase qui est la clé de voûte du film : « Personne ne naît méchant, ni les humains ni les animaux. » Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? « Et Dieu vit que cela était très bon » Pour la petite histoire, et j’en termine avec ce retour en enfance, André est joué par Medhi, l’acteur qui interprétait le premier petit Sébastien de 1965. Cette scène où l’on voit André « schlitter » évoquera pour tous les Vosgiens de cœur un épisode semblable avec Bourvil qui pleure d’épuisement sous le poids de son chargement de bois, dans Les grands gueules (nous sommes toujours en 1965 !).

Non, personne ne naît méchant, personne ne naît assassin, menteur ou nazi. En tout être humain, nous pouvons retrouver le premier regard d’amour de Dieu, cet émerveillement : « Que tu es beau, mon bien-aimé ! Que tu es belle, mon amie ! » (Cantiques des cantiques)

Le temps du Carême est un temps de conversion, c’est-à-dire, au sens propre, de retour sur nous-mêmes, d’introspection pour mieux revenir à Dieu. C’est dommage d’avoir perdu ce qu’on appelait l’examen de conscience, balayé pour ses relents de jansénisme scrupuleux, mais qui était pourtant bien précieux. Luc Adrian, de sa plume alerte, nous proposait récemment dans Famille Chrétienne une méditation des sept péchés capitaux, dont le plus terrible est l’orgueil ; or, disait-il, l’orgueil peut être combattu par l’humour qui se décompose ainsi : hu comme humilité et mour comme amour.

Se glorifier et se dénigrer sont les deux facettes de l’orgueil. Nous ne sommes pas des dieux – « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » (1 Corinthiens 4) – et nous ne sommes pas des nuls.

Le Psaume 138 nous permet de trouver l’attitude juste :

– « Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais » (verset 1) : Dieu me connaît dans mes bons et mes mauvais côtés, il sait tout de moi, je n’ai pas besoin de jouer un rôle, un personnage, je suis nu devant lui comme aux temps de la Genèse, mais je n’ai pas à en avoir peur ;

– « Ta main me conduit, te droite me saisit » (verset 10) : Dieu ne m’abandonne pas en découvrant ma nature profonde d’être blessé et blessant ; au contraire, il descend jusqu’à moi pour me relever, me sauver, me conduire ;

– « Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis » (verset 14a) : je suis une merveille pour Dieu, l’objet de son amour de préférence. Comme un enfant qui marche avec assurance parce qu’il est sûr de l’amour inconditionnel de ses parents, nous pouvons marcher avec assurance sous le regard de Dieu car il ne nous demande pas d’être parfaits – nous ne le serons jamais, il le sait bien ; il nous demande de lui faire confiance ;

– « Étonnantes sont tes œuvres, toute mon âme le sait » (verset 14b) : cette découverte que je viens de faire sur moi-même, je peux maintenant l’appliquer à tous ceux qui m’entourent, ceux que j’aime le plus et ceux que j’aime le moins. Eux aussi sont, tous et chacun, le préféré de Dieu, l’objet de son amour de prédilection et de sa miséricorde. Quand notre cœur se gonfle de colère contre une personne, essayons de voir en lui, en elle, l’enfant qu’il ou elle a été et posons sur lui, sur elle, le regard d’une mère : petit enfant, quelle blessure te rend si agressif, si arrogant ? Quelle peur te rend si indécis, si casse-cou, si inquiet, si insouciant ?

– « Conduis-moi sur le chemin d’éternité » (verset 24) : notre vie a un sens, c’est-à-dire une direction, car nous marchons vers les bras de Dieu, notre Père, « riche en miséricorde et plein d’amour », qui attend notre retour depuis la nuit des temps.

Puisque vous êtes en train de me lire sur votre téléphone ou votre tablette, prenez trois minutes pour ouvrir un nouvel onglet, tapez « AELF psaume 138 » et relisez cette belle déclaration d’amour.

 

Bonne semaine !

Odile

40 jours de joie

Patapon n° 448 de février 2018

« Encore un Carême ! », pensons-nous peut-être à l’approche du Mercredi des Cendres. C’est une période qui fait peur, avec son cortège de privations, de sacrifices et de silence. Pourtant, quand mes enfants en parlent, cela me semble être pour eux de bons souvenirs : « On se privait de bonbons et quand on rentrait très tard de la veillée pascale, la table était couverte de bonbons bien arrangés, c’était la fête ! »

Il y a une joie profonde à trouver dans ce temps de Carême. Remettons les choses dans une juste perspective :

– premièrement, tout n’est pas triste et pesant pendant le Carême : pensons aux liturgies tellement belles (par exemple, le « Grand Canon » de saint André de Crète ou certaines antiennes magnifiques du père André Gouzes !), au dimanche des Rameaux avec sa procession, aux temps forts de la Semaine sainte ;

– deuxièmement, nous n’avons pas à vivre le Carême comme si nous ne connaissions pas la fin de l’histoire : Jésus est ressuscité ! Pour nous, contrairement aux Apôtres, il n’y a pas de suspense, nous savons que cela « finit bien », que la Passion ouvre sur la Résurrection et que la Vie a remporté la victoire définitive sur toute forme de mort. D’ailleurs, nous continuons à célébrer l’Eucharistie – action de grâces pour la victoire du Christ – chaque jour, à l’exception du Vendredi saint où il n’y a pas de consécration, mais où nous communions néanmoins au Corps vivant de Jésus. Bien sûr, chaque vendredi, nous accompagnerons Jésus tout au long de son Chemin de Croix, en réalisant avec un amour toujours plus grand qu’il a souffert tout cela pour nous rejoindre et nous sauver… mais sans perdre de vue la lumière du matin de Pâques car c’est elle qui donne tout leur sens aux souffrances de Jésus – et aux nôtres !

Le Carême n’est pas une marche forcée dans un tunnel obscur ou un parcours de commando, dont on sort en se disant : « Ouf, c’est fini ! » C’est un « temps de grâce », nous dit la liturgie, un temps privilégié qui nous invite à avancer vers et avec Jésus. En privilégiant la prière, le jeûne et l’aumône un peu mieux qu’en temps ordinaire, nous allons retrouver une intimité avec Jésus, le bien-aimé de nos cœurs : d’ailleurs, le Mercredi des Cendres ne tombe-t-il pas en même temps que la Saint-Valentin ? Jésus nous redit qu’il nous aime et qu’il nous propose un rendez-vous amoureux. De quarante jours !

Bonne semaine et belle entrée en Carême !

Odile