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A propos Odile Haumonté

Écrivain et journaliste, je travaille dans l'édition et la presse catholique depuis 2003.

Les trois cercles d’or, roman

Une réflexion sur la fidélité au risque de la liberté

Les trois cercles d’or, roman, EDB, 2019

Trois cercles d’or, trois couples, trois générations, trois destins de femmes attachantes et entières qui cherchent à s’accomplir.

Un beau roman familial qui nous invite à réfléchir sur la liberté et l’accomplissement.

EDB, 2019.

 

Le sens de la fête

Une mangeoire vide dans laquelle on ne mettra jamais l’Enfant Jésus : n’est-ce pas cela, la fête de Noël sans la foi en la Nativité ? Devant le débordement des cadeaux, je ne peux m’empêcher de me demander comment les personnes vraiment athées expliquent la fête de Noël à leurs enfants. Il n’y a aucun jugement dans mes propos, c’est juste une interrogation.

De nombreux jours fériés basés sur une fête chrétienne peuvent s’expliquer autrement : Pâques est aussi la « résurrection » de la nature après le long sommeil hivernal, la fête du printemps ; la Pentecôte est la fête des moissons ; la Toussaint est le devoir de mémoire envers nos morts, le souvenir de ceux qui nous ont précédés.

Mais je vois deux fêtes – Noël et l’Assomption de la Vierge Marie le 15 août – qui ne peuvent s’appuyer sur rien d’autre que sur la foi chrétienne.

À six mois d’intervalle, ces deux événements semblent bien incongrus dans le calendrier résolument laïc de notre République : l’accueil par Marie de Jésus sur la terre ; l’accueil par Jésus de Marie dans le Ciel.

Beaucoup d’homélies du temps de Noël nous ont invités à revenir au dépouillement qui représente le vrai sens de cet événement spirituel : le manque de place dans la salle commune pour accueillir une famille exilée, la pauvreté de la grotte, les parents démunis, la simplicité de la paille et le souffle d’un bovin pour réchauffer l’enfant. Cependant, dans le contexte social agité qui a marqué décembre, les commerçants crient à l’aide : les gens n’ont pas dépensé suffisamment et le chiffre d’affaires est fortement en baisse, menaçant la survie des petits commerces de proximité. Que faire ?

Peut-être que nous avons à continuer la mission qui fut celle des bergers après leur visite à la grotte :« Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. » (Luc 2)

Peut-être qu’il ne dépend que de nous de pouvoir rendre à Noël son sens le plus profond : un Sauveur nous est né, Dieu vient nous visiter !

Envoyons une image de la crèche à nos voisins, nos collègues, nos amis, que ce soit par Facebook ou dans une belle enveloppe. Posons une petite crèche sur notre bureau. Partageons les chants de Noël qui proclament cette bonne nouvelle : Dieu nous aime tellement qu’il s’est fait l’un de nous.

Que nos invités voient d’abord la crèche quand ils entrent chez nous.

Qu’ils puissent nous questionner : qui sont ces gens ? Je n’ose imaginer le pourcentage de jeunes qui ne sont plus capables de nommer Marie, Joseph et l’Enfant Jésus quand on leur montre une crèche.

Enfilons un gilet en (fausse) peau de mouton pour rappeler autour de nous le mystère – mieux, le miracle de Noël : Dieu s’est fait famille !

Notre pays en crise a besoin de témoins, d’apôtres. Quand on fait une grande découverte, on a envie de la partager, n’est-ce pas ? Alors comment garder pour nous la plus grande joie, la plus grande espérance ? « Mes yeux ont vu le salut ! »s’écrie Syméon. Nous aussi, qui avons entendu, qui avons vu de nos yeux, qui avons contemplé, qui avons touché de nos mains l’Incarnation de Dieu par amour pour l’humanité, (1 Jean 1), annonçons que notre vie a désormais un sens en Jésus : le sens de la fête, le sens de la joie.

Bonne et sainte Année 2019 !

Odile

 

Salon des Ecrivains Catholiques

  • Rendez-vous ce samedi 1er décembre 2018 de 14h à 18h30 au Salon des Ecrivains Catholiques, Paris, mairie du 6e place Saint-Sulpice.

L’occasion de faire de belles rencontres, d’échanger, de trouver des cadeaux de Noël personnalisés !

L’impératrice Zita – Du conte de fées à l’Evangile

Pour les jeunes et pour tout public, voici la vie de l’impératrice ZITA d’Autriche.

Née en 1892 et morte en 1989, c’est presque un siècle que Zita a traversé, des fastes de la cour d’Autriche-Hongrie à la pauvreté de l’exil. Succédant à la célèbre Sissi, la dernière impératrice d’Autriche a marqué son court règne (à peine deux ans), durant la Première Guerre mondiale, par sa générosité, sa bonté, son attention aux soldats blessés et aux populations victimes de la guerre. Quand l’Empire s’effondre en 1918, Charles et Zita sont chassés d’Autriche et exilés sur l’île de Madère.

Devenue veuve de l’empereur Charles à trente ans, seule avec ses huit enfants, Zita fait front avec courage et dignité, puisant sa force dans l’Eucharistie et la prière. En 1982, après soixante années d’exil qu’elle a vécues au service de la construction européenne, elle est autorisée à revenir en Autriche, sa « chère patrie ». Elle meurt en Suisse à l’âge de 96 ans, mais c’est en Autriche que ses funérailles officielles ont lieu, en présence d’une foule émue de six mille personnes.

Editions Pierre Téqui, collection « Les Sentinelles » n° 51.

Zita, l’impératrice soleil

Magnifiquement illustrée par Anne-Charlotte Larroque, voici pour les petits la vie de l’impératrice ZITA d’Autriche.

Sa vie a commencé comme un conte de fées avant de traverser les épreuves et la souffrance, mais elle a gardé le sourire en toutes circonstances, s’appuyant sur la prière et la foi en Dieu. Son témoignage rayonnant éclaire de sa lumière toute l’histoire du vingtième siècle.

Editions Pierre Téqui, collection « Les Petits Pâtres ».

 

Une nouvelle présentation pour Joseph, le secret du juste

Après avoir été épuisé durant deux ans, Joseph, Le secret du juste renaît dans la collection Aux Quatre Vents.

Joseph, Marie… L’histoire du salut est d’abord une histoire d’amour !

Aux Editions des Béatitudes.

 

La coupe du salut

Dans l’Ancien Testament, quand il est question de « la coupe », il s’agit de la colère de Dieu contre le péché des hommes, il s’agit d’une punition. Avec Jésus, dans son agonie au Jardin des Oliviers, la coupe s’approche de ses lèvres et il la reçoit dans une angoisse mortelle, au point que sa sueur se change en « grosses gouttes de sang qui tombent jusqu’à terre » (Luc 22, 44), les médecins nous disent que cela peut arriver dans des moments de très profonde angoisse. Jésus prie son Père pour que cette coupe s’éloigne de lui… s’il est possible.

Pendant un instant, une seconde dans laquelle il est pleinement homme, abandonné comme il nous semble l’être parfois, Jésus cherche une autre possibilité pour qu’advienne le salut de l’humanité. Puis il se reprend, se raccroche à la raison d’être de son Incarnation : faire la volonté de son Père, lui être uni en toutes choses. « Non pas ma volonté, mais ta Volonté. » La Volonté du Père est son point d’ancrage, sa nourriture, sa joie sans fin ! Et ses lèvres pures se posent sur la coupe immonde de nos péchés. Il embrasse nos chutes comme il embrasse l’éponge chargée de vinaigre, après avoir refusé le vin mêlé de myrrhe, plus doux et parfumé, et qui est surtout anesthésiant. Oh ! baiser de Dieu qui vient nous relever ! Dieu a cherché Adam dans le jardin de la trahison : « Où es-tu ? » Il a espéré que l’homme déchu vienne se jeter à ses pieds : avec quelle joie il lui aurait accordé le baiser du pardon. Mais l’homme et la femme se sont cachés. Ils ont peur de la miséricorde, peur du regard trop pur et trop innocent de leur Père se posant sur leur nudité dévoilée, sur leur humanité avilie.

Jésus est venue dans notre nature humaine pour nous donner ce baiser et le perpétuer jusqu’à la fin des siècles : « Prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versée pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés. » (Paroles de la consécration du vin)

La coupe de l’amertume est devenue le calice de la rédemption, la coupe du salut devant laquelle nous nous inclinons à chaque Eucharistie. Quel mystère ! Entrons dans cette Semaine sainte en accompagnant Jésus chaque jour dans son agonie à Gethsémani, comme nous le pourrons, au milieu de nos obligations professionnelles et familiales : une heure, vingt minutes, trois minutes… mais de tout notre cœur.

Belle marche vers la joie de Pâques, car la Passion n’existe que pour et par la Résurrection !

Odile

Drôle de métier

En lisant une interview de la danseuse russe Sophie Galitzine, je m’arrête sur ces mots : « Le « métier » de mère est d’une beauté magnifique, mais il exige une abnégation qui n’est saluée d’aucune reconnaissance. »

Il y a, je trouve, une désacralisation du rôle de mère, devenu un métier. Par exemple, dans son spectacle très drôle de 2009, Mother Fucker, Florence Foresti s’attache à présenter la maternité sous ses dehors les plus terre-à-terre… qui sont réels, bien entendu – et cela fait du bien d’en rire – mais qui sont loin d’être l’essentiel. Elle ne parle pas du regard que votre enfant pose sur vous, et qui vous fait soudain exister. Elle ne parle pas du poids de la tête de votre bébé contre votre épaule, quand il s’endort en toute confiance et que vous n’osez plus bouger, tant pis si votre bras s’ankylose, vous pourriez rester ainsi pour l’éternité.

Aujourd’hui, bien plus qu’avant, on décide d’être mère : on attend d’abord de trouver « le bon » (comprenez : père), on profite ensuite de la vie à deux (et c’est normal de construire le « nid » avant d’y accueillir des enfants), on décide enfin du bon timing. Si nos mères avaient toutes planifié le bon moment, certains d’entre nous ne seraient pas là à lire ces lignes (rire).

Le problème est qu’à force d’être trop planifié, l’enfant n’est plus une surprise, une aventure qui nous façonne à mesure qu’on la vit : il devient un élément parmi d’autres de notre plan de carrière !

Si l’on n’en voit que les côtés matériels ou financiers, l’organisation, l’emploi du temps surchargé, alors oui, être mère est un métier. Sauf qu’on ne démissionne pas ! Pour paraphraser le verset 4 du Psaume 109 : « Tu es mère à jamais. » L’enfant n’est pas un petit « nous » que nous sortons d’un tiroir quand nous avons besoin de nourrir notre estime de soi ; il est pleinement « lui » et peut-être qu’il nous repoussera, qu’il nous contredira, qu’il nous provoquera. Et alors ? Rien ne nous séparera jamais de lui. Nous l’attendrons, jour après jour, en priant pour lui, en le guettant « au loin » comme le père dans la parabole du Fils prodigue. Parce que nous sommes mères à jamais. Parce que cet enfant qui est sorti de nous demeure en nous pour toujours.

Seigneur, aide-nous à poser un regard d’émerveillement et d’espérance sur chacun de nos enfants, aide-nous à te les présenter, jour et nuit, dans tout ce qu’ils font, en te rendant grâces pour tout ce qu’ils sont.

Bonne semaine !

Odile

Faire tomber les barrières

En avant, Lucie ! éditions Pierre Téqui

J’aurais cru que des films comme Intouchables ou Les Mistrals gagnants feraient tomber les barrières entre les personnes handicapées ou malades et les bien-portants, barrières qui ont toujours existé puisque, même au temps de Jésus, les disciples osent demander en voyant l’aveugle-né : « Seigneur, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répond aussitôt : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. » (Jean 9, 1-38)

 

Je discutais, aux éditions Pierre Téqui où je travaille, avec notre commercial au sujet du livre En avant, Lucie !, un roman pour jeunes qui décrit le parcours d’une jeune aveugle, ses difficultés, sa colère, ses doutes, jusqu’à l’arrivée dans sa vie de Lasco, chien guide. Il me disait que ce livre juste et émouvant, dont l’auteur a perdu la vue à l’âge de 9 ans, a reçu un accueil mitigé de la part des libraires : « Oh ! un livre sur le handicap, c’est difficile… »

C’est difficile de briser les barrières, d’oublier la peur de part et d’autre : car les bien-portants aussi ont peur, ils ne savent pas comment aborder la personne, ils craignent de faire une gaffe. Bon nombre de personnes handicapées témoignent que leur chien n’est pas seulement le compagnon fidèle qui les soutient efficacement ; il est aussi l’intermédiaire que les gens saisissent pour nouer le contact : « Il est beau, votre chien, il est bien sage », « Il s’appelle comment ? »

Souvent, les barrières ne sont pas un mur de pierre, juste un rideau, et il ne faudrait pas grand-chose pour le soulever. Je lisais dans la revue Un regard pour deux, le magazine des Chiens Guides de l’Est, qu’un supermarché Leclerc ouvre ses portes aux élèves chiens guides pour leur permettre de faire leur apprentissage dans des conditions réelles, au milieu des clients et des caddies. Cela peut sembler être une goutte d’eau, mais c’est comme l’effet papillon : cela commence par un reflet de couleurs sur les ailes d’un papillon et cela se termine par un arc-en-ciel qui traverse le ciel.

Ose ! chantait Yannick Noah. Osons faire le premier pas, le premier sourire, un mot sur le temps… ou sur le chien ! « C’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui », nous dit Jésus à propos de l’aveugle-né. En lui, et peut-être aussi en nous, quand nos cœurs et nos mains sont fermés par la peur, par la gêne, par la fausse pudeur. Par la crainte, nous aussi, d’être rejetés, car qui sommes-nous pour venir jeter au visage de la personne malade ou handicapée notre bonne santé assortie de nos grands soucis et de nos petits malheurs ? Peut-être qu’il nous manque seulement de pouvoir nous reconnaître comme deux pauvres, mais deux enfants de Dieu qui s’apprivoisent sous le regard de leur Père.

Bonne semaine !

Odile

Chiens Guides de l’Est

En avant, Lucie !

 

Allons-nous fuir l’Eglise ?

D.R.

Pour certains (ou beaucoup ?) d’entre nous, il existe dans notre chemin de foi le cuisant souvenir d’un moment, d’un événement où l’Église nous a blessés ; ou, plutôt, de circonstances où des hommes ou des femmes dans l’Église nous ont blessés. Car l’Église n’est pas une entité abstraite, c’est lui, c’est elle, c’est vous, c’est moi.

La vive conscience d’appartenir à l’Église en tant que Corps du Christ, c’est à Taizé que je l’ai reçue. Quand j’ai découvert ce petit « printemps de l’Église » en 1986, ma première pensée d’adolescente généreuse que son église de quartier n’accueillait pas à bras ouverts dans sa bonne volonté ecclésiale fut : « C’est tellement mieux qu’en paroisse ! » Mais les Frères de Taizé ne l’entendaient pas de cette oreille : tous les enseignements, tous les groupes de discussion nous renvoyaient fermement vers notre propre paroisse.

Frère Roger lui-même écrivait : « Dans cette communion d’amour qu’est le Corps du Christ, son Église, s’introduisent parfois des inconséquences. Elles font beaucoup souffrir. Alors, allons-nous fuir ? Non, jamais. Nous ne pouvons qu’accourir pour soutenir un renouveau dans le peuple de Dieu. »

Ces mots nous dérangent et nous bousculent ! Si notre paroisse ne correspond pas à nos attentes, nous pouvons rester les bras croisés en râlant et en trouvant des fidèles autour de nous avec qui partager nos mécontentements ; nous pouvons aller voir ailleurs si l’herbe y est plus verte et les chants plus dynamiques ; nous pouvons enfin « accourir » et « soutenir un renouveau » que nous souhaitons. Cela peut prendre de nombreuses formes, comme : lancer un Parcours Alpha ; proposer une veillée de louange ou d’adoration du Saint-Sacrement de temps en temps ; rejoindre l’équipe de la préparation au mariage pour la rajeunir si elle s’essouffle un peu ; monter une chorale avec quelques volontaires autour de l’animatrice qui s’efforce toute seule de transmettre sa joie de chanter pour Dieu ; constituer un petit noyau qui animerait une messe avec les familles une fois par mois, où les ados et les jeunes enfants auraient tous un rôle à jouer. Et bien d’autres idées qui, j’en suis sûre, vous tiennent à coeur dans le secret.

Nous aurons à nous montrer patients : parfois, cela prendra plusieurs mois, voire deux ou trois ans. Nous serons sereins et persévérants, confiants et joyeux, nous intéressant aux autres activités de la paroisse, participant aux temps forts. Peut-être que nous aurons à souffrir des « inconséquences » de telle ou telle personne ou du fonctionnement même du système, mais nous tiendrons bon.

Fuir ? Jamais ! À qui irions-nous ? Jésus lui-même a bâti l’Église en nous promettant que la puissance de la mort ne l’emporterait pas sur elle. C’est à nous qu’est confiée cette promesse, c’est à nous de retrousser nos manches pour la faire exister et rayonner.

Bonne semaine !

Odile