Nous voici déjà au milieu de l’Avent et nous avons certainement bien avancé dans nos achats de Noël et nos préparatifs.
Or, nous fêtions la semaine dernière saint Nicolas. Le saint patron des enfants a vécu comme un pauvre et s’est présenté devant Dieu les mains vides, car, contrairement au jeune homme riche de l’Évangile, il n’était pas parti tout triste en entendant l’appel du Seigneur. Au contraire, joyeux de suivre le Christ, il a tout distribué de ses immenses richesses pour faire le bien autour de lui, sans rien garder.
Sainte Odile, que nous fêtons dans deux jours, le mercredi 14 décembre, a tout donné, elle aussi. Sa vie ressemble à un roman d’aventures plein de rebondissements. À sa naissance, quand son père, le riche et puissant duc d’Alsace, découvre à la fois que c’est une fille et qu’elle est aveugle, il décide de la tuer.
Les prières de sa mère, fervente chrétienne, lui sauvent la vie et elle grandit dans le monastère de Baume-les-Dames, près de Besançon. À quinze ans, un évêque vient la baptiser et elle recouvre la vue. La petite fille qui n’a pas de nom est alors appelée Odile, ce qui signifie « lumière de Dieu ». Comme elle rêve de connaître sa famille, elle parvient à contacter son frère qui organise secrètement son retour. Voyant cela, son père tue le jeune homme et condamne Odile à vivre comme une servante. Un jour, il la voit s’occuper d’un malade et son cœur est touché, il veut sa fille aînée auprès de lui. Il la comble de richesses et d’honneurs. Lorsqu’un prince allemand demande la main de la jeune fille en mariage, le Duc accepte. Odile, qui veut consacrer sa vie à Jésus, s’enfuit.
Son père, cette fois, se convertit vraiment et lui promet de la laisser suivre sa vocation. Il remet ses richesses entre ses mains et Odile bâtit un premier monastère à Obernai, puis un deuxième au sommet de la montagne, qui deviendra plus tard le Mont-Sainte-Odile. Un jour, elle rencontre un pauvre aveugle tombé au bord du chemin. Les mains vides, elle ne peut pas lui venir en aide alors qu’il réclame un peu d’eau. Poussée par la foi, elle frappe un rocher et une source jaillit, qui coule encore de nos jours.
En ce milieu de l’Avent, qu’en est-il de nous ? Avons-nous les mains remplies de cadeaux et de décorations, la tête remplie de soucis et de To do lists – listes de choses à faire – mais le cœur vide ?
Redisons ces mots de la Petite Thérèse : « Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides, car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes œuvres. […] Je ne veux point d’autre Trône et d’autre Couronne que Vous, ô mon Bien-Aimé ! » (extrait de l’Acte d’offrande à l’Amour miséricordieux)
Les saints ont les mains vides, mais le cœur rempli de Dieu ! Dans notre marche vers Noël, mettons-nous à leur école : que nos mains soient vides pour pouvoir s’ouvrir devant le Seigneur dans la prière ; que nos mains soient vides pour pouvoir s’ouvrir devant nos frères dans un geste fraternel.
Bien sûr que nous offrirons des cadeaux à ceux que nous aimons ; bien sûr que nous leur préparerons un bon repas dans une maison chaleureuse et joliment décorée. Mais, surtout, nous leur apportons le plus beau cadeau, l’Enfant Jésus lui-même avec la paix et la joie qui n’ont pas de fin.
Belle préparation à Noël !
À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du mercredi 14 décembre 2022.
Illustration d’Armelle Talvande, tirée du conte de Noël Le brigand de la crèche, Pierre Téqui éditeur, 2022.









