Montre-moi la lumière !

© D.R.

Clive S. Lewis, l’auteur de Narnia, a raconté l’histoire de Robin, un garçon aveugle de naissance. Devenu adulte, il bénéficie d’une opération chirurgicale qui lui rend la vue. Il découvre le monde autour de lui, mais quelque chose lui manque.

– Montre-moi la lumière ! demande-t-il à sa femme.

– Mais elle est là, la lumière ; elle est partout.

– Non, montre-moi la lumière !

Sa femme prend une lampe de poche :

– Regarde, j’allume, j’éteins, j’allume, j’éteins, voici la lumière. Elle chasse la nuit, elle nous éclaire.

– Non, pas celle-là. La vraie lumière.

Robin ne sait pas expliquer ce qu’il ressent : il imaginait autre chose quand on lui parlait de lumière. Il est déçu.

La lumière, comme l’amour, n’existe que dans la rencontre : elle éclaire l’objet qu’elle touche, le fait sortir de l’ombre, l’amène au monde. L’amour n’existe qu’au contact de l’autre. On n’aime pas en théorie, on n’aime pas de façon abstraite : l’amour est une rencontre.

Imaginons deux suites possibles à l’histoire.

La première : Robin voit deux amoureux qui s’embrassent. Quand ils se séparent, en regardant leurs visages heureux tournés l’un vers l’autre, Robin s’écrie :

– Cette fois, je vois la lumière !

L’amour donne un sens à notre vie, nous justifie : nous comprenons que nous sommes là, ici et maintenant, pour ce moment d’amour reçu et donné. L’amour sincère, l’amour fidèle – en anglais, c’est le même mot : True Love – nous éclaire et nous réchauffe, il nous révèle à nous-mêmes. Combien d’hommes et de femmes ont été capables de réaliser des exploits pour leur bien-aimée, pour leur époux, pour leur enfant ? Des exemples me viennent à l’esprit en écrivant ces lignes : ma mère a mis entre parenthèses la carrière qu’elle aurait pu avoir pour que mon père puisse pleinement développer la sienne ; inversement, une amie a repris un travail après des années passées à la maison pour que la famille qui traversait des difficultés financières puisse retrouver une plus grande sécurité ; un homme parvient à renoncer à une addiction qui met son couple en danger ; des parents vont parcourir des kilomètres et passer des heures à l’hôpital pour faire soigner un de leurs enfants… Vous qui me lisez, avez-vous en tête une personne que l’amour de sa famille ou l’amour des autres fait rayonner ? Dans votre entourage, dans les médias, dans un film… Une Mère Teresa de Calcutta dont la silhouette voûtée se penche sur un mourant pour inonder d’amour ses derniers instants, ou qui serre contre son sari blanc et bleu un petit enfant malade… Un Jean Vanier qui a su redonner aux personnes handicapées une vraie dignité… Un Nelson Mandela qui a renoncé à sa juste vengeance pour construire l’unité et la paix dans son pays déchiré… Accueillez l’image qui vous vient et demandez-vous : quelle qualité ai-je envie d’acquérir pour ressembler à cette personne ?

La deuxième suite possible à cette histoire : Robin, désespéré, ne comprend pas ce qui lui manque jusqu’au jour où il aperçoit un homme en prière. Devant son visage serein et pacifié, il s’écrie :

– Cette fois, je vois la lumière !

Car il y a une rencontre qui nous dépasse. Il y a un amour qui nous renouvelle. Il y a une espérance qui nous justifie. « Par ta lumière, nous voyons la lumière », lisons-nous dans la Bible, au Psaume 35. Tous les désirs de notre cœur, ce sentiment de vide ou de manque qui nous habite parfois, sont la marque laissée en nous, comme en creux, de la présence de Dieu. Nous cherchons cette rencontre, nous cherchons cet amour. Voulez-vous savoir quel est le sens de votre vie ? Vous êtes choisi, attendu, aimé de toute éternité par un Dieu d’amour qui veut vous combler de joie. Reprenez doucement ces mots du Psaume 35 :

« Qu’il est précieux ton amour, ô mon Dieu !

À l’ombre de tes ailes, tu abrites les hommes.

En toi est la source de vie ;

par ta lumière, nous voyons la lumière. »

Invitez Dieu dans votre vie et vous verrez : comme un aveugle qui recouvre la vue, votre existence nouvelle va commencer.

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