– LE MOT DU LUNDI – Une Église de communion

Nous fêterons ce mercredi 29 juin la solennité des saints apôtres Pierre et Paul, et j’ai eu une distraction en lisant les textes de la Liturgie des Heures : je me suis demandé comme ils auraient pris, de leur vivant, la nouvelle qu’ils allaient être fêtés ensemble jusqu’à la fin des temps.

J’aime le fait qu’il y ait eu des tensions entre Pierre et Paul, qu’ils se soient montrés tellement différents l’un de l’autre et qu’ils soient pourtant « les deux piliers de l’Église », comme on les appelle. Pierre était un simple pécheur de Galilée, Paul un pharisien lettré qui avait étudié les Écritures dans l’une des meilleures écoles de Jérusalem ; Pierre annonçait l’Évangile aux juifs, Paul s’est tourné vers les païens ; Pierre a vaincu son caractère emporté et sa volonté propre, Paul est resté jusqu’au bout « tout feu tout flamme ». Ce sont ces deux hommes, différents et complémentaires, qui ont bâti l’Église des premières années sur des fondations si solides qu’elles tiennent encore, deux millénaires plus tard. Quel enseignement pouvons-nous en tirer ? J’y vois une vérité fondamentale : nos différences sont une richesse !

Trop souvent, en couple ou en paroisse, nous sommes effrayés de constater qu’il y a entre nous des divergences de point de vue, de besoin et même de désir. Nous avons en tête que «toute ville ou maison divisée contre elle-même sera incapable de tenir», comme nous le dit Jésus en Matthieu 12, 25. Mais toute discussion n’est pas division !

Quand Pierre et Paul s’affrontent violemment sur les règles de base à imposer aux nouveaux convertis, comment se comportent-ils ? Paul nous l’explique, au début du chapitre 2 de sa lettre aux Galates, en trois points :

Premier point : « Ayant reconnu la grâce qui m’a été donnée »

Reconnaissons-nous la grâce qui repose sur notre conjoint, sur notre curé, sur le responsable de tel ou tel ministère ? Et nous, de notre côté, expliquons-nous suffisamment à notre entourage pourquoi nous avons décidé d’agir de telle manière ou de nous charger de telle mission ? Il y a tant à faire dans l’Église qu’il y a de la place pour tout le monde ! Quand nous lorgnons une place bien précise, nous ne voyons pas l’immense vide tout autour de nous où nous pourrions trouver notre juste place.

Deuxième point : « ils nous ont tendu la main »

Tendre la main, c’est faire un pas vers l’autre, c’est parcourir une partie du chemin plutôt que de tourner les talons dans le découragement ou de tourner le dos dans la bouderie. Et prendre la main que l’autre nous tend, c’est reconnaître que nous sommes tous en chemin. Celui qui campe sur ses positions s’est installé dans ses certitudes et n’entend plus bouger. Au contraire, celui qui tend la main ou qui reçoit la main tendue vers lui accepte de se mettre ou de se remettre en route.

Troisième point : « en signe de communion »

Cherchons-nous à faire grandir la communion ou à avoir raison ? Dans notre couple, notre famille, notre paroisse, quel est le témoignage le plus important que nous puissions donner, sinon celui de la communion ? « Que tous soient un, prie Jésus, qu’ils soient un afin que le monde croie. » (Jean 17, 21) Il ne s’agit plus de savoir si nous sommes de l’équipe de Pierre ou de la spiritualité de Paul, il s’agit de changer le monde ! Nous le savons bien, quand nous voyons un couple qui communique avec tendresse, une paroisse où tout le monde se salue avec de grands sourires, nous sommes attirés, nous avons envie de nous rapprocher d’eux. Demandons à saint Pierre et saint Paul, fêtés ensemble par l’Église, de nous aider à être, comme eux, malgré nos différences, des artisans de communion.

Pour écouter cet article : Une Église de communion, saint Pierre et saint Paul

* À écouter également en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du jeudi 30 juin 2022

** Pour aller plus loin : Odile Haumonté, Saint Paul, l’ambassadeur enchaîné, Téqui.

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