– LE MOT DU LUNDI – Esprit Saint, Esprit de tendresse

Dans cette octave de la grande fête de la Pentecôte, profitons encore un peu de l’Esprit Saint qui nous est donné car ensuite, durant le reste de l’année, nous avons tendance à le laisser de côté.

Durant la messe de la Pentecôte, nous avons chanté la séquence Veni sancte spiritus et j’aimerais revenir sur trois versets de cette hymne, qui constituent la strophe 4 :

Premier verset :

Dans le labeur, [tu es] le repos

Nous sommes fatigués. Notre vie quotidienne est une course après le temps, que ce soit pour notre travail, pour nos loisirs ou pour notre famille. J’ai le cœur qui se serre quand je promène mon chien le soir dans le quartier et que je vois ces petits bouts de chou que leur maman ramène à la maison dans leur poussette, à moitié endormis, mais pas encore couchés. Je sais qu’elle ne peut pas faire autrement, mais je réalise que c’est l’organisation de notre société tout entière qui ne lui permet pas de faire autrement. L’Esprit Saint nous invite à lever le pied, à réfléchir à nos priorités ; il nous procure le vrai repos qui est celui d’une âme sans angoisse, d’un cœur sans souci et d’un corps sans stress. L’Esprit Saint nous accompagne de sa force dans tout ce que nous vivons, il sait que nous avons besoin de travailler pour subvenir aux besoins de ceux que nous aimons, mais aussi aux besoins de l’Église, des pauvres, des organisations caritatives. Cependant, il nous rappelle discrètement que, si nous avons de multiples occupations, il n’existe qu’un véritable labeur : faire advenir le Royaume de Dieu au milieu du monde. De tout ce que nous entreprenons, il ne restera rien – ou pas grand-chose –, mais ce que nous avons fait au service de l’annonce de l’Évangile restera.

Deuxième verset :

Dans la fièvre, [tu es] la fraîcheur

Ces mots évoquent pour moi la main d’une maman sur le front de son enfant malade. Ce simple geste, par l’intérêt qu’il exprime, par la compassion qu’il apporte, est déjà un apaisement. Nous sommes souvent pris de fièvre : nous avons l’envie soudaine d’acheter telle ou telle chose, nous sommes saisis d’angoisse en pensant à telle ou telle situation, nous avons l’impression d’avoir échoué dans un domaine de notre vie, par rapport à notre couple ou dans l’éducation de nos enfants, par exemple, ou bien de nous être trompés dans nos choix, d’avoir manqué notre vocation. Dans ces moments de doute, de colère, de tristesse, le Saint-Esprit descend dans nos cœurs pour nous soutenir et nous relever. Il ouvre nos yeux pour que nous puissions voir tout ce qu’il y a de bon et de beau dans notre vie, dans notre famille, dans ce que nous avons construit en nous et autour de nous. Il nous ouvre à l’action de grâce, à ce « merci » à la vie qui nous permet de relire toute notre existence sous le regard de Dieu.

Troisième verset :

Dans les pleurs, [tu es] le réconfort

Ce verset me fait penser à cette promesse du livre de l’Apocalypse : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur » (Ap 21, 4). Nous avons le droit de pleurer, de nous sentir faibles, pauvres, petits, de regretter ce qui n’est pas ou ce qui n’est plus. Puis vient le moment de laisser la main de Dieu sécher nos pleurs et de permettre à l’amour de Dieu de ramener doucement la joie au fond de nous.

Accueillons le Saint-Esprit comme le Consolateur, le Défenseur qui se tient sans cesse à nos côtés pour nous soutenir et nous guider. Viens, Esprit Saint, et donne-nous la joie éternelle. Amen !

* À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du vendredi 10 juin 2022

** Pour aller plus loin : Odile Haumonté, Au quotidien avec l’Esprit Saint, EdB.

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