– LE MOT DU LUNDI – Évangéliser avec saint François de Sales

Illustrations de Jean-Marie Woehrel BD TOUT FAIRE PAR AMOUR ET RIEN PAR FORCE © Pierre Téqui éditeur

Nous fêtons aujourd’hui François de Sales, saint patron des écrivains et des journalistes, et docteur de l’Église. Quel étrange destin que celui de cet évêque de Genève qui n’a pas pu vivre dans son diocèse parce que Genève était alors tenue par les calvinistes !

Nous sommes en mars 1595 et François se trouve à Thonon. Il voudrait à la fois soutenir et encourager les quelques catholiques de la région qui subissent des brimades et des persécutions, et ramener dans l’Église les brebis perdues que sont à ses yeux les huguenots. Le dialogue est impossible, François se fait même attaquer à coups de poignards et s’en sort de justesse. Il réfléchit :

– Ceux qui ont peur de nous écouter, peut-être ne refuseront-ils pas de nous lire ?

Il se met alors à rédiger des feuillets où il rappelle les vérités de l’Église catholique. Ces feuillets, distribués en cachette dans les maisons, font beaucoup de bien, mais François s’épuise à les recopier à la main en plusieurs exemplaires.

– Seul, je n’y arriverai jamais, se dit-il. Il faut que je trouve un autre moyen. J’ai entendu dire qu’il existe une imprimerie à Chambéry.

Il s’y rend et commande l’impression de cent exemplaires. C’est ainsi qu’est né le premier journal catholique et même le premier périodique de l’histoire du monde, car François s’efforce de diffuser un feuillet chaque semaine. Au total, ce sont environ dix mille lettres qui furent ainsi imprimées et distribuées de nuit dans les maisons et les villages. Peu à peu, le dialogue s’instaure, les cœurs s’ouvrent.

Et nous, comment témoignons-nous de notre foi ? Sommes-nous suffisamment des ambassadeurs de l’Évangile ? Ce n’est pas toujours facile de parler de notre foi dans notre milieu professionnel, en famille, avec nos amis. Pourtant, quand on a découvert un bon restaurant, on a envie de partager cette adresse avec nos proches. Et nous garderions pour nous la joie de la foi, la force du Pain de Vie, la puissance consolatrice de l’espérance chrétienne, sans les partager avec ceux que nous côtoyons ?

François de Sales prononça un discours pour la reconquête de Genève. « Il faut, disait-il, renverser les murs de Genève par des prières ardentes, et livrer l’assaut par la charité fraternelle. […] Tout cède à la charité ; […] et à celui qui aime, rien n’est difficile. »

Sa méthode est donc simple : prier quand nous ne pouvons rien faire d’autre et, lorsque nous pouvons agir, le faire avec beaucoup d’amour.

La meilleure façon d’évangéliser est d’être là pour les personnes qui ont besoin de nous, dans les moments de détresse, dans les jours d’épreuve, pour offrir notre présence et, peut-être, une parole d’espérance et de foi.

Il ne s’agit pas d’en faire trop, au risque de lasser nos interlocuteurs, mais de donner à bon escient un témoignage de foi qui peut changer la vie de la personne se trouvant en face de nous.

En fêtant saint François de Sales ce 24 janvier, demandons-nous de nous inspirer le mot juste, le geste juste ou même le silence par lesquels nous pourrons apporter le Christ à ceux qui nous entourent.

D’après ma chronique « Un regard chrétien sur le monde » à écouter sur RCF LORRAINE NANCY :

https://rcf.fr/actualite/un-regard-chretien-sur-le-monde?episode=192160