– LE MOT DU LUNDI – Esprit Saint, Esprit de tendresse

Dans cette octave de la grande fête de la Pentecôte, profitons encore un peu de l’Esprit Saint qui nous est donné car ensuite, durant le reste de l’année, nous avons tendance à le laisser de côté.

Durant la messe de la Pentecôte, nous avons chanté la séquence Veni sancte spiritus et j’aimerais revenir sur trois versets de cette hymne, qui constituent la strophe 4 :

Premier verset :

Dans le labeur, [tu es] le repos

Nous sommes fatigués. Notre vie quotidienne est une course après le temps, que ce soit pour notre travail, pour nos loisirs ou pour notre famille. J’ai le cœur qui se serre quand je promène mon chien le soir dans le quartier et que je vois ces petits bouts de chou que leur maman ramène à la maison dans leur poussette, à moitié endormis, mais pas encore couchés. Je sais qu’elle ne peut pas faire autrement, mais je réalise que c’est l’organisation de notre société tout entière qui ne lui permet pas de faire autrement. L’Esprit Saint nous invite à lever le pied, à réfléchir à nos priorités ; il nous procure le vrai repos qui est celui d’une âme sans angoisse, d’un cœur sans souci et d’un corps sans stress. L’Esprit Saint nous accompagne de sa force dans tout ce que nous vivons, il sait que nous avons besoin de travailler pour subvenir aux besoins de ceux que nous aimons, mais aussi aux besoins de l’Église, des pauvres, des organisations caritatives. Cependant, il nous rappelle discrètement que, si nous avons de multiples occupations, il n’existe qu’un véritable labeur : faire advenir le Royaume de Dieu au milieu du monde. De tout ce que nous entreprenons, il ne restera rien – ou pas grand-chose –, mais ce que nous avons fait au service de l’annonce de l’Évangile restera.

Deuxième verset :

Dans la fièvre, [tu es] la fraîcheur

Ces mots évoquent pour moi la main d’une maman sur le front de son enfant malade. Ce simple geste, par l’intérêt qu’il exprime, par la compassion qu’il apporte, est déjà un apaisement. Nous sommes souvent pris de fièvre : nous avons l’envie soudaine d’acheter telle ou telle chose, nous sommes saisis d’angoisse en pensant à telle ou telle situation, nous avons l’impression d’avoir échoué dans un domaine de notre vie, par rapport à notre couple ou dans l’éducation de nos enfants, par exemple, ou bien de nous être trompés dans nos choix, d’avoir manqué notre vocation. Dans ces moments de doute, de colère, de tristesse, le Saint-Esprit descend dans nos cœurs pour nous soutenir et nous relever. Il ouvre nos yeux pour que nous puissions voir tout ce qu’il y a de bon et de beau dans notre vie, dans notre famille, dans ce que nous avons construit en nous et autour de nous. Il nous ouvre à l’action de grâce, à ce « merci » à la vie qui nous permet de relire toute notre existence sous le regard de Dieu.

Troisième verset :

Dans les pleurs, [tu es] le réconfort

Ce verset me fait penser à cette promesse du livre de l’Apocalypse : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur » (Ap 21, 4). Nous avons le droit de pleurer, de nous sentir faibles, pauvres, petits, de regretter ce qui n’est pas ou ce qui n’est plus. Puis vient le moment de laisser la main de Dieu sécher nos pleurs et de permettre à l’amour de Dieu de ramener doucement la joie au fond de nous.

Accueillons le Saint-Esprit comme le Consolateur, le Défenseur qui se tient sans cesse à nos côtés pour nous soutenir et nous guider. Viens, Esprit Saint, et donne-nous la joie éternelle. Amen !

* À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du vendredi 10 juin 2022

** Pour aller plus loin : Odile Haumonté, Au quotidien avec l’Esprit Saint, EdB.

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– LE MOT DU LUNDI – L’art de dire bonjour

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Chers internautes, bonjour !

Bonjour… voilà un petit mot que nous prononçons toute la journée. Il est le même pour nos proches, pour nos voisins, pour la boulangère, pour notre banquier, pour un passant croisé dans la rue.

Bonjour… cela m’évoque une scène d’anthologie dans le film Itinéraire d’un enfant gâté, de Claude Lelouch, où l’on voit Jean-Paul Belmondo qui enseigne au jeune Richard Anconina l’art de bien dire bonjour : « Non ! Là, tu as l’air de me dire au revoir ! Dis-moi vraiment bonjour ! »

Nous donnons certainement à nos enfants les trois conseils suivants pour bien dire bonjour, mais les mettons-nous toujours en pratique ? Nous pouvons d’ailleurs appliquer ces trois conseils à l’église quand nous échangeons la paix du Christ !

Premier conseil : regarder la personne dans les yeux.

Il n’y a rien de plus agaçant que quelqu’un qui vous dit bonjour sans vous regarder, comme s’il était déjà passé à autre chose. Montrons à notre interlocuteur que nous sommes vraiment là pour lui, manifestons-lui de l’intérêt.

Deuxième conseil : tendre une main ferme.

Comme le recul de la pandémie nous permet de retrouver ce geste de la poignée de mains, reprenons conscience de ce que nous faisons. À l’origine, ce geste servait à montrer que l’on était désarmé, que l’on ne cachait pas une arme dans sa manche ou sa poche. En tendant la main au niveau du cœur, on se donne, on se livre à l’autre.

Troisième conseil : parler distinctement et appeler la personne par son nom ou au moins par un « monsieur » ou « madame ».

Aujourd’hui, on n’entend plus dire : « Bonjour, docteur ! » ou « Bonjour, mon Père ! », c’est pour tout le monde pareil, un simple « bonjour » qui nous évite finalement de réfléchir ; on n’a pas besoin de retenir son prénom, on n’a pas besoin de savoir ce qu’il ou elle fait, un simple « bonjour » suffit. Pourtant, quelle différence entre un ado qui marmonne un vague « b’jour » et un jeune qui prononce clairement : « Bonjour, Madame ! » Que vous soyez enseignante, directrice des ressources humaines ou examinatrice au permis de conduire, c’est vers le deuxième que votre sympathie ira spontanément, dans un a priori favorable.

Bonjour… c’est le commencement de toute relation humaine, de tout échange social, c’est le premier contact et c’est sur lui que se basera la première impression. Par la suite, heureusement, cette opinion pourra changer. Une personne timide au premier abord se révèlera pleine de charme alors qu’un beau parleur pourra paraître décevant quand on voudra creuser un peu.

Demain, le 31 mai, nous ferons mémoire du plus beau « bonjour » de l’histoire de l’humanité : la Visitation. Marie est tellement remplie de la présence de l’Esprit Saint qui habite son cœur et de la présence de Jésus qui habite son corps que lorsqu’elle salue sa cousine Élisabeth, celle-ci est tout inondée de cette onction divine. Nous aussi, si nous le voulons, nous pouvons être des porteurs de Dieu, des porteurs de lumière et de joie dans chacune de nos rencontres.

Je laisse le mot de la fin à Jean-Paul Belmondo dans le film déjà cité : « Dire bonjour, c’est la chose la plus importante dans la vie. Si tu dis bien bonjour, tu as fait la moitié du chemin. » Comme Marie, partons en hâte à la rencontre des autres et faisons en sorte que notre « bonjour » nous fasse parcourir déjà la moitié du chemin.

* À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », mardi 10 mai 2022

– LE MOT DU LUNDI – Des foules de futurs baptisés

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Le week-end du 1er au 3 avril, alors que les Nancéiens retrouvaient enfin le chemin de la Foire avec ses manèges à sensations et ses odeurs de barbapapa, je me trouvais au Printemps du Livre de Montaigu, près de Nantes, l’équivalent vendéen de notre Livre sur la Place.

Derrière mon petit stand de livres religieux, je regardais les files d’attente qui grandissaient et s’allongeaient sur toute la longueur du chapiteau devant Anthony Delon, Anny Duperey ou Mireille Dumas venus dédicacer leurs derniers ouvrages.

En les regardant, je me disais : imaginons un renversement complet des valeurs, dans un autre lieu ou dans une autre époque. On aurait pu alors entendre ce dialogue :

« Vous avez lu le dernier livre sorti sur Charles de Foucauld ? »

« Charles de Foucauld, mais non ?!? »

« Si, si, je vous assure, je l’ai tout de suite réservé ! »

« En revanche, moi j’ai pu avoir le dernier livre du pape François ! »

« Oh vous avez de la chance ! Je l’attends depuis 3 semaines, je guette le facteur tous les jours ! »

« Et la ruée sur les chapelets, vous avez vu ça ? »

« Mais oui ! Tous ces jeunes qui ont passé la nuit sur place et malheureusement, il n’y en a pas eu pour tout le monde ! »

Chers internautes, que faudrait-il pour que ce dialogue devienne réalité ? Pour que nos contemporains s’arrachent la vie des saints, pour que les livres de prière circulent entre toutes les mains, pour que nos églises soient prises d’assaut par des personnes assoiffées d’entendre une parole de vérité, de réconciliation et de paix ? Puisque cela ne dépend que de nous, que pouvons-nous mettre en place pour devenir des ambassadeurs de l’Évangile qui attireront des foules de futurs baptisés ?

Peut-être trois choses :

Premièrement, que l’on puisse dire de nous : « Voyez comme ils s’aiment », selon le mot de Tertullien à l’époque des premiers chrétiens.

Essayons d’être attentifs aux autres, accueillants, bienveillants. Évitons les critiques, fuyons la médisance ! Construisons des relations véritablement fraternelles en voyant dans chaque homme, chaque femme, chaque enfant, un frère ou une sœur, et le visage du Christ.

Deuxièmement, que nous soyons des porteurs de sens.

Nous sommes remplis d’une Espérance qui donne un sens à tout ce que nous vivons, à tout ce que nous traversons, et nos contemporains ont besoin de cette Espérance, de ce sens qui consiste à savoir d’où nous venons : nous venons du Cœur de Dieu, et où nous allons : nous allons vers l’Amour de Dieu, vers sa Miséricorde, vers la Joie sans fin qu’il veut nous donner.

Troisièmement, que nous soyons des témoins de la Résurrection.

Alors que notre Chemin de Carême touche à sa fin avec la fête des Rameaux et l’entrée dans la Semaine sainte, comment allons-nous vivre la fête de Pâques ? Saurons-nous accueillir comme une nouveauté la bonne nouvelle de la Résurrection ? Saurons-nous être des témoins de vie, de joie et de lumière qui s’émerveillent du don de Dieu ?

C’est de cette façon que nous pourrons donner envie à ceux qui nous côtoient de découvrir à leur tour le bonheur d’être croyant.

Pour finir, savez-vous ce que je me suis dit au Printemps du Livre de Montaigu, devant ces milliers de livres et de visiteurs ? Je me suis dit que la Bible reste le livre le plus vendu au monde !

* À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », vendredi 8 avril 2022

– LE MOT DU LUNDI – Vivre le Carême avec saint Joseph

Illustration de Laure Th. Chanal

Alors que nous venons de fêter saint Joseph, j’ai envie de faire un petit bilan de l’année que le pape François a consacrée à saint Joseph. Avons-nous mieux découvert saint Joseph et avons-nous eu envie de le prier davantage ? Je suis sûre que oui. À mon petit niveau, grâce à mon livre Joseph, le secret du juste, j’ai été invitée à de nombreuses émissions et même à donner une conférence à La Rochelle. Cependant, la fin de cette année riche en grâces de toutes sortes ne signifie pas que nous devons abandonner saint Joseph et, encore moins, qu’il va nous abandonner.

Il peut au contraire nous aider à vivre ce Carême 2022 à trois niveaux :

Premier niveau : Joseph est le protecteur des familles

À cause du recensement obligatoire ordonné par les Romains, Joseph a dû quitter tout ce qu’il possédait à Nazareth, son métier, sa maison, ses amis, tout ce qu’il avait préparé pour la naissance de Jésus. Il sait ce que c’est que de manquer de tout – un toit, la sécurité, la nourriture, les vêtements, les fournitures scolaires, les loisirs… –, de s’inquiéter du lendemain, il connaît l’humiliation de ne pas parvenir, en tout cas dans un premier temps, à subvenir aux besoins de sa famille. Pensons à ces familles, surtout des femmes et des enfants pendant que les hommes sont au front, qui fuient l’Ukraine et qui se retrouvent démunies de tout. Demandons à Joseph, parce qu’il a vécu cela, de répandre sa protection sur tous les pères et mères de famille qui souffrent de ne pas pouvoir offrir à leurs enfants la sécurité et le confort dont toute famille a besoin.

Deuxième niveau : Joseph est l’homme du silence

Nous vivons dans un monde de bruit incessant où le silence doit être combattu. Regardons les jeunes autour de nous : dès qu’ils ont une minute de battement, dans les transports en commun ou dans une file d’attente, ils mettent leur casque et écoutent de la musique ou regardent des vidéos en ligne. Or, le Carême est le temps où nous partons spirituellement dans le désert, lieu de la solitude et du silence. Joseph, qui s’est mis à l’école de Jésus, qui a été le premier disciple de Jésus avec Marie, nous apprend à construire une relation avec Dieu qui commence par le silence, par la contemplation. Il nous faut faire taire les bruits du monde en nous mettant avec Joseph à l’école de Jésus, en relisant ses paroles, en l’écoutant dans le silence de nos cœurs.

Troisième niveau : Joseph nous protège de l’angoisse

Les Évangiles nous rapportent trois épisodes où Joseph a connu une grande angoisse : quand il a découvert que Marie était enceinte ; quand il a dû fuir en Égypte parce que le roi Hérode voulait faire tuer l’enfant Jésus ; quand il a cherché pendant trois jours Jésus âgé de douze ans avant de le retrouver dans le Temple. Quand notre esprit est rempli d’idées noires et de frayeurs, invoquons saint Joseph qui a protégé la Sainte Famille et l’a conduite en lieu sûr. Joseph, par sa présence forte et paternelle, nous rappelle que nous ne sommes pas seuls et que Dieu veille sur nous.

Avec saint Joseph, continuons dans la confiance et dans la joie notre chemin de Carême, car nous savons que nous avançons vers la Vie.

Pour aller plus loin :

* Joseph, le secret du juste, roman, EdB, 2018.

** À écouter en podcast sur RCF Nancy Lorraine, émission « Un regard chrétien sur le monde », mardi 22 mars 2022

*** Merci à Laure Th. Chanal pour son illustration de saint Joseph.

– LE MOT DU LUNDI – La sagesse des dirigeants

Merci à Laure Th. Chanal pour son illustration de la colombe de la Paix.

Après deux Carêmes de pandémie, nous voici entrés dans un Carême de guerre. Nous nous sentons écrasés : quand pourrons-nous nous poser et reprendre souffle ? J’avais imaginé que, dans l’ambiance de fatigue et de lourdeur de ce début d’année, le Carême ouvrirait une parenthèse rafraîchissante où nous partirions en Église, d’un seul élan, « sur des prés d’herbe fraîche pour y refaire notre âme », comme nous le fait miroiter le Psaume 22 sous la houlette du Bon Berger.

La guerre est à nos portes en Ukraine, mais nous réalisons aussi qu’il n’y a jamais eu autant de pays en guerre dans le monde : le Mexique, la Colombie, le Nigeria, l’Éthiopie, le Soudan, l’Afghanistan, la Syrie, l’Irak, la République Démocratique du Congo, la Birmanie, Israël, la Palestine, le Liban, l’Inde… et j’en oublie.

Le premier tour de l’élection présentielle en France tombe le dimanche des Rameaux et de la Passion, et le deuxième tour pour la fête de la Divine Miséricorde. Cela nous incite à crier vers Dieu : « SOS, troupeau de brebis cherche bon berger qui ne soit pas un mercenaire fuyant dès que le loup montre ses crocs. »

La prière du roi Salomon pour obtenir la sagesse, que nous pouvons lire dans la Bible au chapitre 9 du Livre de la Sagesse, nous donne trois pistes de réflexion sur les qualités du dirigeant idéal.

Première qualité : l’esprit de service

Salomon pria ainsi : « Je suis ton serviteur, le fils de ta servante ». Le dirigeant idéal garde un esprit de service : il ne défend pas ses intérêts propres, il n’agit pas pour son propre bien, mais pour le bien de ceux qui lui sont confiés, que ce soit en famille, dans l’entreprise ou au niveau de l’État. Il ne cherchera pas la reconnaissance à tout prix ; parfois même, il se rendra impopulaire, comme un père qui gronde son enfant pour le remettre dans le droit chemin. Il se montrera fier et heureux de tout ce qui se fait de bon et de beau autour de lui.

Deuxième qualité : les valeurs

Salomon pria ainsi : « Tu m’as ordonné de bâtir un temple sur Ta montagne sainte ». Le dirigeant idéal ne s’appuie pas sur des opinions ou des sentiments, mais sur une base de solides valeurs morales et, encore mieux, spirituelles, s’accordant aux dix commandements, dans le respect de la justice et du droit.

Troisième qualité : la vision

Salomon pria ainsi : « Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre […] et ce qui est dans les cieux, qui donc l’a découvert ? » Le dirigeant idéal voit plus loin, plus haut que lui. Il accepte le passé qui constitue l’histoire du pays à la tête duquel il a été placé, et il prépare l’avenir. Il sait vers quel but il veut conduire ceux qui lui sont confiés et il sait par quel chemin il faut passer.

Est-ce que ce portrait du dirigeant idéal est totalement utopique ? Il est difficile à atteindre, c’est vrai, mais nous pouvons prier pour que notre futur président et les dirigeants du monde entier s’en approchent le plus possible.

Redisons souvent ce passage sur les responsables des pouvoirs publics, dans la grande prière d’intercession du Vendredi saint : « Dieu éternel et tout-puissant, le cœur humain et les droits des peuples sont dans ta main ; regarde avec bienveillance ceux qui exercent le pouvoir sur nous ; que, par ta grâce, s’affermissent pour tous, partout sur la terre, la sécurité et la paix, la prospérité des nations et la liberté religieuse. Amen. »

* À écouter en podcast sur RCF Nancy Lorraine, émission « Un regard chrétien sur le monde », lundi 7 mars 2022

** Merci à Laure Th. Chanal de m’avoir permis d’utiliser son illustration « La colombe de la Paix ».

– LE MOT DU LUNDI – Lourdes, la pédagogie d’une Mère

Illiustration de © Laure Th. Chanal

Avec la fête de Notre-Dame de Lourdes le 11 février et la Sainte-Bernadette le 18 février, j’ai eu envie de réfléchir avec vous, chers amis internautes, sur la pédagogie de Marie à travers ses apparitions.

On recense des centaines d’apparitions de Marie dans le monde entier, mais l’Église dans sa prudence n’en retient actuellement que 18. Bien sûr, cela ne veut pas dire que les autres apparitions sont trompeuses ou mensongères ! De toute façon, ne soyons pas inquiets : là où Marie est priée avec foi, il y a forcément des fruits de conversion.

Mais pourquoi Marie est-elle venue nous parler à toutes les époques de l’Histoire alors qu’elle a si peu parlé dans les Évangiles ?

Si je prends pour exemple les apparitions de Lourdes, je peux en tirer trois points de réflexion.

Premier point : Marie nous rappelle le respect dû à chaque personne

En 1858, la petite Bernadette Soubirous est considérée avec mépris ou, au mieux, avec pitié. Elle vit avec sa famille dans un lieu appelé le Cachot, une ancienne prison transformée en un logement sombre et insalubre. Son père, un ancien meunier, a été acquitté d’une accusation de vol, mais à cause de cela, il ne trouve plus de travail. À 14 ans, Bernadette en fait à peine 10, elle est asthmatique, et, n’allant pas à l’école, elle ne sait ni lire ni écrire.

C’est cette pauvre fillette que Marie va choisir pour être la messagère de la plus importante de ses apparitions. Bernadette ne connaît que quelques mots de français ; or, Marie va lui parler en patois. Elle nous montre l’importance de nous adresser aux personnes avec un langage et une façon de parler qu’elles puissent comprendre, pour mieux les rejoindre. Dans la troisième apparition, Marie parle pour la première fois et elle le fait avec délicatesse et respect : « Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ? » Elle nous rappelle ainsi que chaque personne, même la plus négligeable aux yeux des hommes, est précieuse devant Dieu.

Deuxième point : Marie nous rappelle l’importance de la foi pour mener une vie meilleure

Dans les lieux de ses apparitions, Marie demande toujours que l’on construise une chapelle ou que l’on vienne en pèlerinage pour prier. Elle insiste sur l’importance des sacrements et d’une vie de prière authentique afin d’entrer en relation avec Dieu. Elle nous invite aussi à faire pénitence, mais pénitence ne veut pas dire punition ! La pénitence est un retour à Dieu quand nous avons pris conscience que certaines habitudes nous tirent vers le bas au lieu de nous faire du bien et qu’il vaudrait mieux les abandonner. Marie veut ce qu’il y a de mieux pour chacun de ses enfants et elle nous donne des conseils, comme les font toutes les mamans.

Troisième point : Marie nous conduit à Jésus

Marie n’attire jamais l’attention sur elle, elle parle sans cesse de Dieu le Père ou de son Fils Jésus. Dans l’Évangile, nous la voyons retenir tous les événements de la vie de Jésus et les méditer dans son cœur. Aujourd’hui, elle veut nous parler de son Fils. Elle nous prend par la main pour nous conduire à Jésus. Comme à Bernadette, elle ne nous promet de nous rendre heureux selon l’esprit du monde, mais de nous donner le bonheur qui vient du Ciel.

Merci à Laure Th. Chanal pour son illustration de sainte Bernadette.

– LE MOT DU LUNDI – Évangéliser avec saint François de Sales

Illustrations de Jean-Marie Woehrel BD TOUT FAIRE PAR AMOUR ET RIEN PAR FORCE © Pierre Téqui éditeur

Nous fêtons aujourd’hui François de Sales, saint patron des écrivains et des journalistes, et docteur de l’Église. Quel étrange destin que celui de cet évêque de Genève qui n’a pas pu vivre dans son diocèse parce que Genève était alors tenue par les calvinistes !

Nous sommes en mars 1595 et François se trouve à Thonon. Il voudrait à la fois soutenir et encourager les quelques catholiques de la région qui subissent des brimades et des persécutions, et ramener dans l’Église les brebis perdues que sont à ses yeux les huguenots. Le dialogue est impossible, François se fait même attaquer à coups de poignards et s’en sort de justesse. Il réfléchit :

– Ceux qui ont peur de nous écouter, peut-être ne refuseront-ils pas de nous lire ?

Il se met alors à rédiger des feuillets où il rappelle les vérités de l’Église catholique. Ces feuillets, distribués en cachette dans les maisons, font beaucoup de bien, mais François s’épuise à les recopier à la main en plusieurs exemplaires.

– Seul, je n’y arriverai jamais, se dit-il. Il faut que je trouve un autre moyen. J’ai entendu dire qu’il existe une imprimerie à Chambéry.

Il s’y rend et commande l’impression de cent exemplaires. C’est ainsi qu’est né le premier journal catholique et même le premier périodique de l’histoire du monde, car François s’efforce de diffuser un feuillet chaque semaine. Au total, ce sont environ dix mille lettres qui furent ainsi imprimées et distribuées de nuit dans les maisons et les villages. Peu à peu, le dialogue s’instaure, les cœurs s’ouvrent.

Et nous, comment témoignons-nous de notre foi ? Sommes-nous suffisamment des ambassadeurs de l’Évangile ? Ce n’est pas toujours facile de parler de notre foi dans notre milieu professionnel, en famille, avec nos amis. Pourtant, quand on a découvert un bon restaurant, on a envie de partager cette adresse avec nos proches. Et nous garderions pour nous la joie de la foi, la force du Pain de Vie, la puissance consolatrice de l’espérance chrétienne, sans les partager avec ceux que nous côtoyons ?

François de Sales prononça un discours pour la reconquête de Genève. « Il faut, disait-il, renverser les murs de Genève par des prières ardentes, et livrer l’assaut par la charité fraternelle. […] Tout cède à la charité ; […] et à celui qui aime, rien n’est difficile. »

Sa méthode est donc simple : prier quand nous ne pouvons rien faire d’autre et, lorsque nous pouvons agir, le faire avec beaucoup d’amour.

La meilleure façon d’évangéliser est d’être là pour les personnes qui ont besoin de nous, dans les moments de détresse, dans les jours d’épreuve, pour offrir notre présence et, peut-être, une parole d’espérance et de foi.

Il ne s’agit pas d’en faire trop, au risque de lasser nos interlocuteurs, mais de donner à bon escient un témoignage de foi qui peut changer la vie de la personne se trouvant en face de nous.

En fêtant saint François de Sales ce 24 janvier, demandons-nous de nous inspirer le mot juste, le geste juste ou même le silence par lesquels nous pourrons apporter le Christ à ceux qui nous entourent.

D’après ma chronique « Un regard chrétien sur le monde » à écouter sur RCF LORRAINE NANCY :

https://rcf.fr/actualite/un-regard-chretien-sur-le-monde?episode=192160

– LE MOT DU LUNDI – Il était une crèche…

Illustration de © Laure Th. Chanal Illustrations

Nous approchons déjà du troisième dimanche de l’Avent, les rues sont illuminées, nos maisons sont décorées. Comme vous sans doute, au début de l’Avent, j’ai descendu du grenier le carton contenant la crèche. Pour l’instant, la mangeoire est vide, l’Enfant Jésus est bien caché et les santons tournent le dos à l’étable, petit peuple qui vaque à ses occupations sans savoir qu’un événement extraordinaire se prépare dans le secret. Je sais bien que Joseph et Marie avec leur petit âne ne sont pas encore arrivés à Bethléem, mais je les place quand même dans la crèche. Je regarde tous les personnages avec tendresse et émotion. Quelle chance nous avons de pouvoir installer une crèche dans nos maisons !

Comme nous le disait le pape François en décembre 2019 dans sa lettre apostolique sur la signification et la valeur de la crèche, « le merveilleux signe de la crèche, si chère au peuple chrétien, suscite toujours stupeur et émerveillement. […] La crèche, en effet, est comme un Évangile vivant. »

Et il ajoute : « Du berger au forgeron, du boulanger au musicien, de la femme qui porte une cruche d’eau aux enfants qui jouent… : tout cela représente la sainteté au quotidien, la joie d’accomplir les choses de la vie courante d’une manière extraordinaire, lorsque Jésus partage sa vie divine avec nous. »

Je regarde le berger entouré de ses moutons, le meunier qui porte son sac de farine, la lavandière à genoux, le musicien avec sa guitare, le ravi qui lève les bras en signe de joie, le vieux curé en soutane, la marchande de poissons, la femme à l’ombrelle si élégante. Je contemple leur vie toute simple, faite de joies et d’épreuves, tissée de courage, de persévérance, d’amitié. Et je pense que Dieu regardait ainsi le monde qu’il avait créé avant de se dire : « Allons-y ! Devenons l’un d’entre eux et allons partager cette existence humble et laborieuse. » Mais quelle idée, mon Dieu, quelle folie d’amour ! Comme tu nous aimes pour venir nous rejoindre dans notre quotidien, dans notre vie de famille, dans notre travail de tous les jours, dans nos nuits chargées d’angoisses, dans la fatigue, dans la souffrance, dans la joie d’une rencontre, dans la convivialité d’un repas, dans l’innocence d’un rire d’enfant ! Il était une fois l’humanité, et Dieu a voulu la découvrir de l’intérieur. Vous connaissez peut-être l’émission « Patron incognito » où un patron se mêle à ses employés pour savoir ce qu’ils vivent ; Noël, c’est Dieu qui vient incognito dans notre monde, dans notre histoire, dans notre cœur.

Chers internautes, dans notre marche vers Noël, prenons le temps de bien arranger notre crèche, cet « Évangile vivant » qui témoigne du plus grand amour. Devenons à notre tour, avec les bergers, les témoins de l’Évangile, comme nous y invite le pape François dans sa lettre :

« En regardant la scène de la crèche, nous sommes appelés à réfléchir sur la responsabilité de tout chrétien à être évangélisateur. Chacun de nous devient porteur de la Bonne Nouvelle pour ceux qu’il rencontre. »

Chronique « Un regard chrétien sur le monde » à écouter sur RCF LORRAINE NANCY :

https://rcf.fr/actualite/un-regard-chretien-sur-le-monde?episode=183479

BD : Père François, parlez-nous des saints !

Parues dans Magazine Patapon, retrouvez les aventures du père François et des enfants du caté tout au long de l’année liturgique, à l’école des saints : la première communion avec Thérèse de Lisieux, Carlo Acutis, Elisabeth de la Trinité ; l’échec scolaire avec Jean-Marie Vianney et saint Joseph de Cupertino ; la miséricorde avec sainte Faustine et saint Jean-Paul II ; la médisance, la colère, le courage, l’amour de l’Eglise… voici quelques-uns des thèmes abordés dans cette bande dessinée pleine d’humour et de sainteté !

Illustrations de Cécile Guinement.

Publié chez Pierre Téqui éditeur, 2021.

N comme Noël, Histoire – Sens – Traditions

Nous avons tous un rapport très spécial à Noël : fête de famille, souvenirs, d’enfance, course aux cadeaux, nostalgie, solitude, parfums de cannelle et de pains d’épices, confection de petits sablés… Mais n’avons-nous pas perdu le vrai sens de Noël qui est la Naissance du Fils de Dieu, le mystère de l’Incarnation, un merveilleux cadeau de Dieu à l’humanité.

Ce livre veut répondre aux interrogations sur Noël, que ce soit dans le domaine folklorique, liturgique, gastronomique et spirituel, afin de nous aider à mieux préparer nos maisons et surtout nos coeurs pour la grande fête de la Nativité.

Publié aux Éditions des Béatitudes, octobre 2021.