Après les rigueurs du Carême, nous nous étions habitués au Temps pascal, un temps de fête et de joie, un temps pour Dieu, qui nous a semblé facile à vivre, soutenu par l’arrivée des beaux jours. Le retour au Temps ordinaire après l’embrasement de la Pentecôte nous paraît alors un peu triste.
Heureusement, la Vierge Marie que nous fêtons mercredi en sa Visitation va nous aider à vivre cette spiritualité du quotidien, elle va nous apprendre comment faire naître l’extraordinaire au sein de notre existence ordinaire.
Premier point : l’importance des petits gestes
On peut faire beaucoup en accomplissant de tout petits gestes quotidiens ! C’est l’épingle de la Petite Thérèse, ramassée par amour ; c’est la goutte d’eau de Mère Teresa : nous savons que nous ne remplirons pas l’océan avec quelques gouttes d’eau, mais si chacun de nous, à son niveau, selon ses compétences et sa mission, verse quelques gouttes dans la mer – verse quelques gouttes d’amour dans la situation où il se trouve – alors oui, c’est un raz-de-marée d’amour qui déferlera sur notre société pour la laver.
« Il est une chose qui nous assurera toujours le Ciel, disait Mère Teresa : les actes de charité et de gentillesse dont nous aurons rempli notre vie. Nous ne saurons jamais quel bien peut provoquer un simple sourire. »
Deuxième point : l’humour
L’humour sur soi-même, et sur les événements qui nous arrivent, apporte en effet une touche de détachement et d’humilité qui permet de dédramatiser les situations les plus éprouvantes.
Ainsi, lorsque saint Thomas More se trouvait en prison, dans l’attente de sa condamnation à mort, l’officier chargé de sa surveillance s’excusa de ne pouvoir le traiter mieux. Thomas rétorqua : « Je vous assure que je ne suis pas mécontent du traitement que je reçois ; aussi bien, si je venais à l’être, jetez-moi à la porte ! »
Le pape saint Jean-Paul II était souvent agacé par les nombreuses mesures de sécurité dont on l’entourait. Un responsable lui dit un jour : « Comprenez que nous nous inquiétons pour vous, Votre Sainteté ! » Il répliqua du tac au tac : « Moi aussi, je m’inquiète pour ma sainteté. »
Troisième point : pratiquer la sainteté cachée avec la Sainte Famille
Vivre l’existence simple et cachée de la Sainte Famille de Nazareth, telle fut l’intuition de saint Charles de Foucauld, lui qui passa à Nancy quelques années de son enfance. Il écrivit cette méditation s’adressant à Jésus lors d’une retraite qu’il fit à Nazareth en novembre 1897 :
« [Jésus, votre vie] fut une vie d’humilité : Dieu, vous paraissez homme ; homme, vous vous faites le dernier des hommes : […] votre vie fut, comme celle de vos parents, pauvreté et travail, […] les aidant, les soutenant, les encourageant dans le labeur quotidien, en prenant pour vous la plus grande part possible pour les reposer, […] n’omettant rien de ce qui pouvait consoler vos parents et faire de leur petite maison ce qu’elle est, un ciel… Voilà ce que fut votre vie à Nazareth. »
Ce quotidien humble et simple est parfois traversé par des lumières extraordinaires, comme lorsque Charles de Foucauld se confesse et retrouve la foi de son enfance, comme quand Thérèse voit la Vierge Marie lui sourire pour la guérir, comme lorsque Marie se présente à sa cousine Élisabeth et que Jean-Baptiste en tressaille de joie. Nous pourrons alors reprendre avec Marie son cantique d’action de grâces :
« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur » (Luc 1, 46-47).
Pour écouter cet article :
* À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du mercredi 31 mai 2023.
** Pour aller plus loin, lire : Vivre aujourd’hui avec les saints, éditions Salvator
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