– LE MOT DU LUNDI – Saint Joseph

Belle fête de saint Joseph !

C’est le moment de relire quelques pages de ce livre… pas parce qu’il est de moi 🙂 mais parce qu’il nous transmet quelques secrets du coeur plein d’amour de Joseph !

(La scène se passe à Nazareth, alors que Marie vient de partir à Jérusalem pour être élevée au Temple.)

Joseph voyait les hommes dans la campagne et le rythme cadencé de leurs gestes ancestraux, deux femmes qui redescendaient de la fontaine et le scintillement de l’eau claire qui clapotait dans leurs cruches, un petit garçon qui courait derrière un chien. Le soleil posait sa main d’or sur ces scènes quotidiennes et l’air chaud bruissait de chants d’oiseaux et de cris d’insectes.

Joseph sentit se desserrer lentement la main griffue de cette inexplicable tristesse qu’avait suscitée en lui le départ de Marie. Héli avait raison, il avait perdu sa compagne de jeux, sa soudaine solitude l’en persuada… Mais plus encore, c’était l’âme même de ce pays qui semblait avoir déserté cette terre déjà familière.

Il évoqua le visage de Marie telle qu’elle lui était apparue dans la cour de la maison, lors de ce trop bref adieu. Il se remémora sa gravité et ce bonheur dont elle rayonnait jusque dans l’angoisse de la longue séparation. Son père voyait juste… il était jaloux de cette joie… non pour en priver Marie, mais pour la partager avec elle. Ainsi qu’il est écrit dans le Livre des Psaumes : « Le zèle de ta maison me dévore», la pensée du Temple vivait en lui comme une brûlure. Une seule fois, il avait pénétré dans l’enceinte de l’édifice sacré, mais cette courte visite en compagnie d’Héli avait attisé le feu intérieur qui le consumait, dans un désir fait d’amour et de souffrance. « Un jour dans tes parvis vaut mieux que mille ailleurs… »

Il sentit monter dans son cœur ce même élan qui l’avait poussé, au seuil du sanctuaire, à donner sa vie à Dieu. Dans une offrande silencieuse, il renouvela la consécration au Seigneur de son âme pure et fervente, de son cœur avec toutes les émotions qui s’y bousculaient, de son corps et des forces vives qui y montaient comme une source enfouie.Il goûta alors une paix profonde. Il se coucha dans l’herbe rase, les mains sous la nuque, clignant des yeux dans la lumière vive. Le bleu du ciel était si intense qu’il semblait être à portée de main. L’enfant songea qu’en cet instant, Dieu aussi était à portée de main, à portée de cœur, et que la brise qui caressait son visage était la main du Seigneur agréant son offrande.

Pour en savoir plus : lire Joseph, le secret du juste, d’Odile Haumonté, collection « Aux quatre vents », EdB.

Une réflexion au sujet de « – LE MOT DU LUNDI – Saint Joseph »

  1. Tu le connais vraiment bien !! Et tu admires beaucoup : merci de partager !!!

Laisser un commentaire