C’est aujourd’hui la journée internationale des femmes et pour m’accompagner dans cette chronique, j’ai invité deux femmes bien différentes : sainte Zélie Martin et sainte Élisabeth de la Trinité.
1. Épouse modèle ou modèle des épouses : sainte Zélie Martin
Zélie Guérin, dentellière, essuie un refus quand elle veut entrer au couvent et elle épouse un jeune homme, Louis Martin, qui, ayant été lui aussi refusé au monastère du Grand-Saint-Bernard, est devenu horloger.
Femme d’affaires, Zélie développe sa petite entreprise de point d’Alençon, si bien que son mari arrêtera son travail d’horloger pour la seconder. Elle veille comme une mère sur les ouvrières qu’elle fait travailler. Quand l’une d’elles tombe malade, elle lui vient en aide et lui promet que sa place lui sera gardée.
Comme épouse, elle est entièrement dévouée à son cher Louis qu’elle aime tendrement : « Je suis très heureuse avec lui, dit-elle, il me rend la vie bien douce. C’est un saint homme que mon mari, j’en désire un pareil à toutes les femmes. » Cependant, bien qu’il soit doux et patient, venant d’une famille de militaires, Louis entend être obéi. Zélie nous semble vraiment contemporaine lorsqu’elle écrit avec humour à sa belle-sœur : « Quand je dis à quelqu’un : “Mon mari ne veut pas”, c’est que je n’ai pas plus envie que lui de la chose. Car sinon, je sais bien l’y décider », avec douceur et patience.
Enfin, c’est une mère tendre et joyeuse qui aime jouer avec ses filles : « Je me suis amusée comme un enfant aux jeux de patience, j’ai payé mon enfantillage : j’avais à faire un envoi de dentelles très pressé, il a fallu rattraper le temps perdu et veiller jusqu’à une heure du matin. » Elle fait à sa belle-sœur des récits pleins d’humour de leur vie quotidienne, comme cette scène d’un goûter animé : « Marie veut des beignets, les autres des gâteaux, d’autres des marrons ; moi, je voudrais bien la paix. »
Éducatrice hors pair, c’est d’abord la foi chrétienne qu’elle veut leur transmettre. Souvent, elle prend ses filles sur ses genoux et leur raconte des scènes d’Évangile ou des épisodes de la vie des saints. Le soir, la prière rassemble toute la famille.
2. Une femme du silence intérieur, sainte Élisabeth de la Trinité
Jeune fille passionnée, pianiste de talent, Élisabeth Catez entre au Carmel de Dijon à 21 ans. Sa vocation est d’être « une louange de gloire ».
En novembre 1904, elle écrit sa célèbre prière : Ô mon Dieu, Trinité que j’adore. Deux ans plus tard, elle tombe gravement malade. À sa prieure qui lui demande si, comme la Petite Thérèse, elle passera son Ciel « à faire du bien sur la terre », Élisabeth répond que non : comme une petite fusée, elle s’envolera tout droit prendre sa place au cœur de la sainte Trinité.
Elle ajoute : « Il me semble qu’au Ciel, ma mission sera d’attirer les âmes dans le recueillement intérieur ; de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s’imprimer en elles, de les transformer en Lui. »
Que l’exemple de ces deux saintes puisse aider chaque femme à trouver sa mission dans le monde et dans l’Église. Au commencement, le sixième jour, Dieu créa l’homme ; « à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme » (Gn 1, 27), et il donna à chacun sa place, son rôle spécifique, sa mission unique.
Confions cette journée de la femme à Celle qui est « bénie entre toutes les femmes », la Vierge Marie, notre Mère et notre Reine.
Pour écouter cet article :
À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du mercredi 8 mars 2023.
Pour aller plus loin :
Odile Haumonté, Saint Louis et Zélie Martin – Aimer c’est tout donner, Pierre Téqui éditeur.
Odile Haumonté, Élisabeth de la Trinité et sa sœur Guite – Louange de gloire à quatre mains, EdB.
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