– LE MOT DU LUNDI – Vivre le Carême avec Benoît XVI

Alors que nous venons d’entrer dans le Carême, qui mieux que Benoît XVI peut nous aider à vivre ce temps de cœur à cœur avec Dieu ? Nous l’avions presque oublié après sa renonciation en 2013. Or, il a mené durant dix ans une vie de prière et de silence, à l’image de son patron saint Joseph, soutenu par la musique qu’il aimait tant, lui qui avait fait entrer un piano au Vatican. Sa mort le dernier jour de l’année 2022 a remis en lumière ses écrits nombreux et importants, nous rappelant quel grand théologien et quel chercheur de la vérité Benoît XVI fut – et resta jusqu’à la fin de sa vie. Il nous donne deux pistes pour vivre pleinement ce Carême de temps de crise.

Première piste : Que nous soyons des « coopérateurs de la Vérité »

Joseph Ratzinger était un spécialiste de saint Augustin, dont il admirait la quête sincère de vérité, alors même qu’il se fourvoyait dans une secte. Il connaissait l’œuvre de saint Augustin sur le bout des doigts, l’ayant étudiée et commentée, et pourtant, il fut touché par une légende que l’on attribue à saint Augustin, mais qui ne figure pas dans les écrits du saint évêque d’Hippone. Dans cette légende, un théologien rencontre, au bord de la mer, un enfant qui s’efforce de faire entrer tout l’océan dans un trou à l’aide d’un coquillage. L’homme veut faire remarquer à l’enfant combien sa tentative est vouée à l’échec, quand il réalise qu’il a sous les yeux l’image même de ce qu’il tente d’accomplir : faire entrer l’océan des mystères de Dieu dans le petit trou qu’est l’intelligence humaine. Benoît XVI, pour se souvenir de garder toujours l’humilité dans sa recherche de la vérité, fit mettre le coquillage de la légende sur son blason d’évêque, puis de pape. Il choisit comme devise : « coopérateurs de la Vérité ».

Que nous aussi, durant ce Carême, nous soyons des coopérateurs de la Vérité, des chercheurs de la Vérité dans une société où c’est, au contraire : « À chacun sa vérité », dans un relativisme qui est source d’angoisses et d’errances. « La vérité vous rendra libres », nous promet Jésus (Jean 8, 32).

Deuxième piste : Que nous soyons libres

Benoît XVI, quand il apparut au balcon de la basilique Saint-Pierre juste après son élection, fut effaré de voir la foule des fidèles lever vers lui leurs téléphones portables. Il interrogea un proche collaborateur : « Que font-ils ? » « Ils vous prennent en photo, Très Saint Père ! » Benoît XVI avait en effet cette naïveté émouvante : il se tenait au courant de tous les événements sociaux et politiques du monde, mais les avancées technologiques ne l’intéressaient guère.

Il nous invite ainsi à remettre à leur juste place les nouvelles technologies qui nous prennent tant de temps et même d’argent ! Mettons notre fréquentation des réseaux sociaux dans la lumière de la Vérité et demandons-nous si le temps que nous y passons est bien pour la Gloire de Dieu et pour l’évangélisation de ceux qui cherchent un sens à leur vie. Si ce n’est pas le cas, comment pourrions-nous remettre tout cela en place en profitant du temps propice du Carême ?

Après Jean-Paul Ier et saint Jean-Paul II, Benoît XVI fut lui aussi un « Pape du sourire », ce sourire doux, presque timide, enfantin, lumineux.

Et si notre Carême commençait cette année par la résolution du sourire, par le vœu de la joie, si cher à Mère Teresa ?

Pour écouter cet article : 

* À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du 8 février 2023.

Laisser un commentaire