– LE MOT DU LUNDI – Une rançon pour l’Enfant Jésus

Je m’apprêtais, alors que l’année nouvelle est déjà bien entamée, à vous parler des bonnes résolutions de janvier, un thème que j’aime bien développer, quand un fait divers a attiré mon attention.

Dans une ville de Catalogne, des voleurs se sont emparés du petit Jésus de la crèche paroissiale. Dans une vidéo où ils apparaissaient avec le visage masqué et la voix déformée, ils ont réclamé une rançon de dix mille euros en échange de la restitution du santon de l’Enfant Jésus.

Derrière l’anecdote à la fois insolite et navrante, je m’interroge : si nous devions monnayer notre foi, combien vaudrait l’entrée à la messe ? Et le tarif varierait-il en fonction du célébrant ? Combien aurions-nous à payer pour une heure d’adoration, pour un chapelet ? Quel serait le prix d’une hostie consacrée ?

Si l’offre crée la demande, peut-être qu’alors, nos églises se rempliront au point qu’il sera nécessaire de réserver nos places longtemps à l’avance ? Les rois mages que nous fêtions dimanche sont bien arrivés jusqu’à Jésus avec des cadeaux précieux : de l’or, de l’encens, de la myrrhe.

Est-ce que la communion nous semblerait plus précieuse si nous devions la payer ? Nous en sommes arrivés à ne mesurer la valeur des choses que par le prix qu’elles coûtent. Alors, combien sommes-nous prêts à verser pour une petite hostie dont nous croyons qu’elle est le pain de vie, le corps vivant du Christ ressuscité ?

Dans le même ordre d’idées, le saint Curé d’Ars disait que s’il n’y avait qu’une seule messe célébrée dans le monde, nous nous y précipiterions. Quel mystère que celui de la grandeur cachée de la foi catholique ! Comme Jésus qui vécut trente ans de vie cachée, l’Église vit les mystères de la foi de façon cachée et ordinaire, ce temps ordinaire dans lequel nous allons justement revenir à partir de demain, après la célébration du Baptême de Jésus en ce 9 janvier.

Le miracle de la messe se produit chaque jour dans toutes les paroisses de la terre ; le miracle de la rencontre entre Jésus et nous se produit à chaque fois que nous prions. Et pourtant, nous ne sommes pas émerveillés, subjugués, confondus devant tant de grandeur et tant d’amour.

Car c’est une histoire d’amour, bien sûr. L’amour d’un Dieu qui est venu nous rejoindre sur la terre parce que nous n’allions pas assez vite le retrouver au ciel. L’amour d’un Dieu qui s’est fait petit enfant parce que nous avions trop peur du Père tout-puissant.

Prenons Jésus en otage dans nos cœurs. Disons-lui comme Jacob à l’ange après sa nuit de combat : « Jésus, je te tiens et je ne te lâcherai pas avant que tu ne m’aies béni. » La Petite Thérèse appelait Jésus « le Divin Prisonnier » parce qu’il acceptait d’habiter dans l’espace étroit de son âme.

Tout au long de cette année qui commence, faisons mémoire des bienfaits de Dieu : une naissance ou un mariage, l’exaucement d’une prière, la guérison d’un malade, une réconciliation dans la famille. Et toutes ces grâces, ne les attendons pas passivement, sachons les provoquer ; c’est vrai, l’amour de Dieu ne s’achète pas. Mais nous pouvons le réveiller en nous par notre ardeur, par nos actes : une neuvaine, un pèlerinage, un entretien spirituel avec un prêtre ou une religieuse, une retraite. Organisons nos temps de ressourcement dans la foi avec autant de minutie et de motivation que nos vacances. Nous pourrons alors nous exclamer comme la Fiancée du Cantique des cantiques : « J’ai trouvé celui que mon âme désire ; je l’ai saisi et je ne le lâcherai pas » (Ct 3, 4).

Pour écouter cet article :

* À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du mercredi 11 janvier 2023.

** Crédits photo : Falco © Pixabay

Une réflexion au sujet de « – LE MOT DU LUNDI – Une rançon pour l’Enfant Jésus »

  1. Magnifique méditation pour entrer dans ce temps qui ,pour un chrétien n’est jamais ordinaire .Merci ,Odile de nous réveiller et de nous motiver !! Une bonne et belle année commence !!

Laisser un commentaire