EN AVENT – Jour 22 –

Un Enfant

Fallait-il que Dieu vienne parmi nous en se faisant enfant ? Fallait-il qu’il soit d’abord un embryon, puis un fœtus, et enfin un nouveau-né ? Ne pouvait-il pas venir dans toute sa Gloire ?

Oh si ! il aurait pu, puisqu’il est le Tout-Puissant. Le Fils qu’on appelle aussi le Verbe existait déjà en tant que Deuxième Personne de la Trinité, donc il pouvait prendre la forme qu’il souhaitait. Pourquoi a-t-il commencé sa vie terrestre comme nous la commençons tous ? Parce qu’il a voulu tout connaître de notre condition humaine, sans tricher, depuis le début dans l’utérus d’une femme jusqu’à la fin par la mort violente sur la croix. Saint Paul nous l’explique : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix[1]. »

À trois reprises, Jésus se montre à nous dans une totale vulnérabilité :

– comme petit enfant à la crèche ;

– quand il est comparé à un agneau, l’animal le plus démuni, sans griffes, sans crocs, l’animal sans défense, l’animal du sacrifice ; c’est Jean-Baptiste qui, le voyant passer, déclare : « Voici l’Agneau de Dieu[2] » ;

– quand il est cloué sur la croix, les bras grands ouverts pour étreindre toute l’humanité.

Pourquoi faut-il cette faiblesse, cet abaissement, cette humilité ? Sauront-ils convaincre ceux qui attendent un super-héros ? Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face nous donne la réponse dans sa dernière lettre[3], quelques mots écrits cinq semaines avant sa mort : « Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit… je l’aime ! »

Il fallait qu’il soit un nouveau-né, un bébé pour que nos défenses tombent, pour que nous n’ayons pas peur de lui, pour que nous le prenions dans nos bras.


[1] Lettre aux Philippiens 2, 5-8.

[2] Évangile de Jean 1, 36.

[3] LT 266 du 25 août 1897, à l’abbé Bellière.

Pour aller plus loin :

Odile Haumonté, N comme Noël – Histoire, sens, tradition, EdB, 2021.

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