La bûche de Noël
Traditionnellement, la bûche de Noël ne se mangeait pas : elle se brûlait ! Coupée dans un beau tronc bien sec, de belle taille, la bûche de Noël rappelait que l’Enfant Jésus dans l’étable n’avait rien pour se chauffer, seulement le souffle de l’âne et du bœuf, et qu’il eut froid.
En parallèle, il existait une tradition païenne qui consistait à brûler une belle bûche prise dans un arbre fruitier, ou dans un chêne selon les régions, au moment du solstice d’hiver, pour que les récoltes de l’année soient bonnes.
Toute la maisonnée, la famille comme les domestiques, se réunissait devant l’âtre et avant de l’allumer, le père de famille ou l’homme le plus âgé bénissait la bûche avec une branche de buis ou de laurier datant du dimanche des Rameaux de l’année précédente. On chantait et on distribuait aux enfants des friandises ou des fruits secs.
Elle porte souvent le nom de « tréfeu » ou trois feux, car elle devait brûler trois jours. Ses cendres étaient ensuite soit gardées pour protéger la maison, soit répandues dans les champs pour garantir des récoltes abondantes.
La disparition progressive des cheminées a entraîné à la fin du xixe siècle la confection de ce gâteau en forme de morceau de bois, traditionnellement fait de génoise roulée et recouverte de crème au beurre. On la décorait de lutins bûcherons, de haches, de scies, de champignons, de feuilles d’arbre pour évoquer son origine sylvestre.
Aujourd’hui, on en trouve de toutes sortes, souvent plus légères, avec une préférence marquée pour la bûche glacée.
Au plus noir de l’hiver – le solstice est la nuit la plus courte de l’année –, ce feu de joie vient repousser les ténèbres, comme la venue de Jésus qui fait reculer les ténèbres du péché et de la solitude humaine.
Pour aller plus loin :
Odile Haumonté, N comme Noël – Histoire, sens, tradition, EdB, 2021.
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