EN AVENT – Jour 13 –

L’âne et le boeuf

L’Évangile ne mentionne pas la présence de ces deux animaux dans la crèche. D’où vient donc la représentation qu’on en fait couramment où l’âne et le bœuf soufflent sur l’enfant pour le réchauffer ?

La version grecque du livre du prophète Habaquc, six siècles avant Jésus, fait mention de deux animaux : « L’œuvre que tu as projetée, Seigneur, fais-la surgir au milieu de deux animaux[1]. »

En rapprochant cette prophétie de celle d’Isaïe, comme deux silex que l’on frotte pour en faire jaillir une étincelle, on peut déduire que ces deux animaux sont un bœuf et un âne : « Le bœuf connaît son propriétaire, et l’âne, la crèche de son maître. Israël ne le connaît pas, mon peuple ne comprend pas[2]. » Les animaux reconnaissent la venue de Jésus, le Fils de Dieu au milieu de nous, mieux que les hommes qui refusent d’accueillir Dieu.

Par un raisonnement logique, on peut également déduire la présence de l’âne et du bœuf au moment de la naissance de Jésus. L’âne à l’époque de Jésus est en effet le moyen de transport le plus courant avec le chameau – les chevaux étant réservés aux officiers romains. Marie, proche du terme, n’aurait jamais pu parcourir à pied la distance de 156 kilomètres qui sépare Nazareth de Bethléem ; on peut donc penser qu’elle a voyagé à dos d’âne durant ces cinq ou six jours de trajet. Quant aux grottes que l’on trouvait aux environs de Bethléem, elles servaient le plus souvent d’étables, parfois même d’habitations pour les familles pauvres, il n’est donc pas étonnant d’y trouver un bœuf. Au plan symbolique, le bœuf représente les croyants et l’âne les païens, les incroyants.

Enfin, au plan étymologique, le bœuf en hébreu se dit shor, que l’on peut rapprocher du verbe schour qui signifie « célébrer, contempler » ; l’âne se dit chamor qui veut aussi dire « foule ». Alors que le taureau symbolise la puissance et la fécondité, le bœuf représente la force tranquille. L’âne, contrairement au cheval plus noble et plus fougueux, évoque quant à lui l’humilité, la patience, la fidélité, l’animal de bât parfois entêté, mais doux et dévoué.


[1] Habaquc 3, 2 dans l’ancienne traduction de la Septante.

[2] Isaïe 1, 3.

Pour aller plus loin :

Odile Haumonté, N comme Noël – Histoire, sens, tradition, EdB, 2021.

Crédits photo © Pixabay

Laisser un commentaire