La Lumière
En allumant les guirlandes, les bougies, les lumignons de Noël, nous proclamons qu’il existe une espérance : les ténèbres n’ont pas remporté la victoire, car l’aube d’un jour nouveau se lève en nous et sur le monde.
« C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière », écrivait Edmond Rostand dans Chantecler. C’est dans l’épreuve et le doute qu’il est beau de croire en Dieu.
Dans l’hémisphère nord, Noël tombe au moment du solstice d’hiver, quand la nuit est la plus longue et que, peu à peu, minute par minute, les jours vont recommencer à s’allonger. Pouvons-nous, nous aussi, pas à pas, entrer dans l’espérance, non pas en courant dans un grand élan de foi, mais à pas de souris, un pied après l’autre, en tâtonnant, en hésitant ? Chaque pas sera une victoire sur les ténèbres, même un pas de souris.
Pour le dictionnaire Le Robert, l’espérance est le « sentiment qui fait entrevoir comme probable la réalisation de ce que l’on désire ». Ai-je envie de miser ma vie sur une réalité « probable » ? En revanche, voici une définition intéressante, elle concerne l’espérance mathématique : « Elle est, intuitivement, la valeur que l’on s’attend à trouver, en moyenne, si l’on répète un grand nombre de fois la même expérience aléatoire. » (Wikipédia) Eh bien, oui ! c’est exactement cela ! Dans ma prière, je m’attends à trouver Dieu. Dans les autres, mes frères et sœurs en humanité, je m’attends à trouver Dieu. Au bout du chemin, je m’attends à trouver Dieu.
L’espérance est cette lumière qui me guide : parfois, elle ne sera guère plus forte qu’une flamme vacillant au vent ; parfois, elle brillera comme un grand feu qui attire et réchauffe, ces feux que l’on allumait jadis en haut des phares pour guider les navires dans la tempête. « L’Espérance est une petite fille de rien du tout, nous dit Charles Péguy. Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière[1]. »
Sommes-nous suffisamment des témoins de l’espérance de Noël autour de nous ?
Nous sommes porteurs d’une très grande nouvelle – la certitude d’avoir été voulus, désirés, et d’être aimés tels que nous sommes ! Soyons des phares pour guider tous ceux qui errent sans but, sans sens, sans espoir, afin de les conduire vers le Christ, Soleil levant et Étoile du matin : « Je suis la Lumière du monde[2]. »
[1] C. Péguy, Le Porche du Mystère de la Deuxième Vertu, 1912.
[2] Évangile de Jean 8, 12.
Pour aller plus loin :
Odile Haumonté, N comme Noël – Histoire, sens, tradition, EdB, 2021.
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