L’Incarnation
Ce mystère de l’Incarnation est si beau et si grand que nous en faisons mémoire trois fois par jour dans la prière de l’Angélus :
– Et le Verbe s’est fait chair.
– Et il a habité parmi nous.
S’incarner veut dire « prendre chair » et même « devenir viande ». Dieu, qui préexistait à tout le créé, Dieu qui fit le Ciel et la terre et tout ce qu’ils contiennent, s’est fait embryon, s’est fait fœtus, s’est fait nouveau-né. S’est fait homme. Il a traversé trente-trois ans de notre histoire « en faisant le bien[2] ». Est-ce une assez grande preuve d’amour que Dieu nous donne là ?
« L’Incarnation, où Dieu a pris une âme et un corps d’homme, est le plus beau chef-d’œuvre de la grâce. » (Saint Augustin)
Dans une homélie du iie siècle, Méliton de Sardes explique ainsi le mystère de l’Incarnation :
« La Loi est devenue le Verbe, et, d’ancienne, elle est devenue nouvelle ; le commandement s’est transformé en grâce, la figure en vérité, l’agneau est devenu fils, la brebis est devenue homme et l’homme est devenu Dieu. […] Le Seigneur, étant Dieu, revêtit l’homme, souffrit pour celui qui souffrait, fut enchaîné pour celui qui était captif, fut jugé pour le coupable, fut enseveli pour celui qui était enseveli. »
On retrouve cette même idée chez saint Athanase : « Le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous faire Dieu » ; chez saint Irénée de Lyon : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu » ; chez saint Thomas d’Aquin : « Le Fils unique de Dieu, fait homme, fit les hommes Dieu », et chez bien d’autres théologiens.
« Comme Jésus » : voici la résolution que nous pourrions prendre pour ce temps de l’Avent et de Noël. « Que ferait Jésus à ma place ? » « Comment puis-je accueillir cette personne comme Jésus l’aurait accueillie ? » « Comment puis-je écouter cette personne comme Jésus l’aurait écoutée ? » « Comment puis-je aimer mes proches et ceux qui me sont confiés comme Jésus les aime ? »
En accueillant dans notre cœur les sentiments qui habitaient le Cœur de Jésus, en cherchant à lui ressembler et à lui correspondre, en mettant nos pas dans les siens, nous avancerons sans nous tromper jusqu’aux portes de son Royaume qu’il nous ouvrira toutes grandes : « Venez, les bénis de mon Père[5] ! »
[2] Actes des Apôtres 10, 38.
[5] Évangile de Matthieu 25, 34.
Pour aller plus loin :
Odile Haumonté, N comme Noël – Histoire, sens, tradition, EdB, 2021.
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