EN AVENT – Jour 4 –

La Crèche

D’un lieu d’habitation, la crèche est devenue un objet : c’est l’ensemble des personnages et des éléments de décor que l’on dispose chaque année pour représenter la scène de la Nativité. Ce sont les Jésuites qui ont répandu au xvie siècle ces crèches miniatures car ils y voyaient un bon moyen d’évangéliser et de parler de la naissance de Jésus.

Le mot crèche vient du latin cripia qui veut dire « mangeoire ». C’était donc à l’origine la mangeoire dans laquelle Marie a couché Jésus. Aujourd’hui, le mot désigne le lieu tout entier, une grotte qui servait d’étable.

La crèche provençale que l’on trouve dans les marchés de Noël date du xixe siècle. Les personnages furent d’abord fabriqués en mie de pain, puis on les fit en argile pour mieux les conserver. On a alors commencé à appeler ces figurines des santons, c’est-à-dire des « petits saints », santouns.

« Dans nos crèches, nous dit le pape François, nous avons l’habitude de mettre de nombreux santons symboliques. Tout d’abord, ceux des mendiants et des personnes qui ne connaissent pas d’autre abondance que celle du cœur. Eux aussi sont proches de l’Enfant Jésus à part entière, sans que personne puisse les expulser ou les éloigner du berceau improvisé, car ces pauvres qui l’entourent ne détonnent pas au décor. Les pauvres, en effet, sont les privilégiés de ce mystère et, souvent, les plus aptes à reconnaître la présence de Dieu parmi nous. […] Dans ce monde nouveau inauguré par Jésus, il y a de la place pour tout ce qui est humain et pour toute créature. Du berger au forgeron, du boulanger au musicien, de la femme qui porte une cruche d’eau aux enfants qui jouent… : tout cela représente la sainteté au quotidien, la joie d’accomplir les choses de la vie courante d’une manière extraordinaire, lorsque Jésus partage sa vie divine avec nous[2]. »

Ce monde en miniature reflète l’humanité en marche vers l’Enfant qui lui apporte le message d’un amour infini.

Le Noël de Greccio

La première crèche vivante a été inventée par saint François d’Assise à Greccio, dans le centre de l’Italie, en 1223. Cette année-là, François souhaite vivre la fête de la Nativité avec une ferveur encore plus grande qu’à l’accoutumée. Il médite longuement sur la naissance de Jésus à Bethléem.

– Je veux le voir, dit-il, de mes yeux, tel qu’il était, couché dans une mangeoire et dormant sur le foin, entre un bœuf et un âne.

En entendant ces mots, un riche habitant du pays et ami fidèle de François, nommé Jean, se précipite et met en place tout ce qu’il faut dans une grotte des environs : « On prépare une crèche, on apporte du foin, on conduit un bœuf et un âne[4]. » La nuit venue, chacun est invité à se rendre sur le lieu de la célébration : « Les frères furent convoqués de plusieurs lieux : les hommes et les femmes de ce pays, chacun comme il le peut, préparent en exultant des cierges et des torches pour illuminer la nuit, elle qui a illuminé tous les jours et toutes les années de son astre scintillant. » Quand François entre dans l’église, il est envahi par une grande joie :

– Greccio est devenu un nouveau Bethléem !


[1] La Pastorale des Santons de Provence, texte d’Yvan Audouard, 1960.

[2] Pape François, Lettre apostolique Admirabile signum, « Un signe merveilleux », 1er décembre 2019, § 6.7.

[3] Odile Haumonté, « Le mot du mois », Des fourmis et des hommes, site : odilehaumonte.wordpress.com, 29/01/2018.

[4] Thomas de Celano, Vie du Bienheureux François, ch. 30, «La crèche qu’il fait le jour de Noël».

Pour aller plus loin :

Odile Haumonté, N comme Noël – Histoire, sens, tradition, EdB, 2021.

Crédits photo © Pixabay

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