EN AVENT – Jour 2 –

Les bergers

Dans l’Évangile, Jésus se présente comme « le Bon Berger », pris de compassion pour l’humanité qui erre tel un troupeau abandonné, sans guide, sans protection, à la merci des loups, des ours et des voleurs ; mais, dès l’Ancien Testament, Dieu est considéré comme ce berger attentionné qui prend soin de ses brebis : « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre[1]. »

Les mauvais garçons à la Crèche

Abel, le fils d’Adam et Ève, fut le premier berger de l’histoire de l’humanité : « Abel devint berger, et Caïn cultivait la terre[2]. »

« Les patriarches et les premiers Hébreux furent nomades et bergers ; Abraham, Isaac, Jacob et ses douze fils voyagent, conduisant après eux de nombreux troupeaux de chèvres, de brebis, de bœufs, d’ânes et de chameaux, qu’ils mènent paître dans les steppes solitaires de Canaan, de l’Égypte ou de l’Arabie », nous apprend le Dictionnaire Biblique de Jean-Augustin Bost (1865).

Moïse fut berger lui aussi pour son beau-père après avoir fui l’Égypte, et le jeune David gardait les troupeaux de son père Jessé quand le prophète Samuel vint le choisir comme roi.

Au temps de Jésus, on trouve deux sortes de bergers : d’une part, le troupeau familial de quelques bêtes – une ou deux chèvres, deux moutons, un mulet ou une vache – est mené par un enfant du foyer, généralement le plus jeune fils ; d’autre part, les grands troupeaux des riches exploitants sont conduits vers les étendues non-cultivables – ce que la Bible appelle « le désert », mais qui n’est pas forcément aride – et gardés par des mercenaires. Ces bergers professionnels sont considérés comme des marginaux, prompts à la bagarre et de réputation douteuse : « Nous pourrions comparer la situation des bergers du temps de Jésus à celle des célèbres cow-boys du Far West au début du xxe siècle. Solides garçons agiles et efficaces, parfois un peu trop primaires et violents, dont il convenait de se méfier[3]. »

Employés pour garder plusieurs milliers de bêtes – moutons ou chèvres –, ils ne manquent ni de compétences ni de savoir-faire, ne s’étonnant et ne s’effrayant de rien ; cependant, à la parole de l’ange, ils n’hésitent pas à laisser les troupeaux pour venir jusqu’à la ville « voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous fait connaître[4] ».

De nos jours, la crosse des évêques rappelle le bâton des bergers, arrondi au bout pour leur permettre de mieux ramener au cœur du troupeau la brebis qui s’éloigne. Comme le pasteur qui veille sur ses brebis, les évêques veillent au nom de Jésus sur les fidèles de leur diocèse et sur les prêtres qu’ils envoient en mission.


[1] Psaume 22, 1-3.

[2] Livre de la Genèse 4, 2.

[3] Étienne Dahler, Une terre et des hommes, EdB, 2001, chapitre « Les bergers ».

[4] Évangile de Luc 2, 15.

Pour aller plus loin :

Odile Haumonté, N comme Noël – Histoire, sens, tradition, EdB, 2021.

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Une réflexion au sujet de « EN AVENT – Jour 2 – »

  1. Très très intéressante cette.découverte du monde des bergers .On comprend mieux !! Merci !!

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