– LE MOT DU LUNDI – La sainteté est-elle pour moi ?

En entrant dans l’Avent, nous sommes peut-être habités par un questionnement sur la sainteté. Nous avons certainement l’habitude d’écouter ou de lire des vies de saints, des citations, des enseignements, des prières des saints, et nous essayons de les mettre en pratique, mais que représente vraiment la sainteté pour chacun de nous, pour vous, pour moi ? Si la sainteté n’est pas évidente à définir, il est du moins facile de dire ce qu’elle n’est pas.

Premier point : La sainteté n’est pas la perfection

Sainte Bernadette de Lourdes affirmait : « Je voudrais qu’on dise les défauts des Saints et ce qu’ils ont fait pour se corriger ; cela nous servirait bien plus que leurs miracles et leurs extases. » L’exemple des saints veut nous protéger du découragement : en effet, nous découvrons qu’ils ont été comme nous colériques, rancuniers, angoissés, tenaillés par le doute, envahis par la révolte. Nous pouvons retrouver en eux tous nos défauts. La sainteté ne consiste donc pas à être parfaits, irréprochables, à ne plus jamais pécher ; la sainteté est cette confiance en Dieu et en nos frères qui nous pousse à nous relever sans cesse et à revenir : revenir vers Dieu même si nous sommes dans le doute ou la sécheresse ; revenir vers nos frères même s’ils nous ont blessés ou rejetés. Sainte Thérèse d’Avila nous invite à demeurer dans cette confiance avec un cœur égal dans nos réussites comme dans nos échecs, dans nos joies comme dans nos chutes : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie. Tout s’en va. Dieu demeure. » C’est nous qui nous éloignons de Dieu ; le Seigneur, lui, est toujours là pour nous et il nous attend. « Revenons à lui de tout notre cœur. »

Deuxième point : La sainteté n’est pas réservée à une élite

« Tous sont appelés à la sainteté », nous dit le Catéchisme de l’Église catholique (§ 2013). La sainteté est notre mission et c’est dans notre vie de tous les jours que nous accomplirons cette mission. Regardons les saints : certains ont été appelés à fonder des ordres religieux, d’autres à partir pour évangéliser la Chine ou la Russie, d’autres enfin à devenir de grands théologiens. Ce sont ceux que la Petite Thérèse appelle « les grands aigles ». À côté d’eux, il y a « les petits oiseaux », ceux qui n’ont pas laissé d’œuvres grandioses, mais qui ont mis un amour de Dieu extraordinaire dans leur vie ordinaire. Sainte Élisabeth de la Trinité disait du fond de son Carmel de Dijon : « Je fais tout avec Dieu, que je balaye, que je travaille ou que je sois à l’oraison. »

Et saint Jean de la Croix recommandait : « Que vous mangiez, que vous buviez […], que vous parliez, ou que vous fassiez toute autre chose, entretenez constamment en vous le désir de Dieu. » Nous pouvons trouver Dieu dans nos casseroles, comme sainte Thérèse d’Avila, ou dans notre ordinateur, comme le bienheureux Carlo Acutis. Alors, qu’est-ce qui distingue les saints, quel est le « petit plus » de cette vie tout ordinaire, sinon « la joie parfaite » de saint François d’Assise ? Le bienheureux Pier Giorgio Frassati, donné en exemple aux jeunes par le pape Jean-Paul II, disait à sa sœur : « Tu me demandes si je suis joyeux, mais comment ne pas l’être, tant que la foi me donne de la force ? Je suis toujours joyeux ! La tristesse ne devrait pas exister dans l’âme des catholiques ! » À l’école des saints, motivés par leur exemple et soutenus par leur prière, recevons, nous aussi, le secret de la vraie joie qui est la clé de la sainteté.

Pour aller plus loin : voir le livre d’Odile Haumonté, Vivre aujourd’hui avec les saints, Salvator, 2022.

Pour écouter cet article en podcast sur RCF Lorraine Nancy : émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du mercredi 16 novembre 2022.

Crédits photo : Bruno/Germany © Pixabay

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