Voici venu l’été, le joli temps des vacances. Pour certains, il signifie la solitude parce que leurs voisins et amis sont partis en vacances, ou parce que les activités habituelles des paroisses et des associations sont suspendues jusqu’à la rentrée. Pour d’autres, il représente des contraintes professionnelles qui s’exercent dans des conditions rendues plus difficiles par la chaleur, par l’afflux de vacanciers, par la présence des enfants. Pour d’autres enfin, si la maison se remplit pour des retrouvailles familiales ou simplement le retour des ados pensionnaires ou étudiants, cela nécessite une organisation quotidienne faite de courses à prévoir et de repas à préparer. Combien se disent, à la fin du mois d’août : « Ouf, c’est la fin des vacances, on va pouvoir se reposer ! » Mais qu’est-ce que le repos, au fond ?
Prenons d’abord le repos du corps
Bien sûr, nous avons besoin de faire une coupure et de décompresser. Flâner dans le marché du village pour y trouver de bons produits du terroir, se remplir les yeux de beaux paysages, de ciel bleu et de verdure, découvrir un nouveau sport, tout cela est très bénéfique. Cependant, pour ne pas laisser filer le temps entre nos doigts et rentrer déçus, cela ne suffira pas. Le repos viendra de nos projets, de nos réalisations, de ce que nous aurons accompli pour marquer notre passage. Ce peut être une activité artistique, un journal de famille, un grand jeu qui se poursuit de jour en jour ; ou bien repeindre la cuisine des grands-parents, installer une balançoire dans le jardin, planter un arbre… quelque chose qui nous rendra fiers et qui nous rappellera ce bel été, année après année. Fabriquons des souvenirs heureux, des souvenirs comiques, des souvenirs émouvants que nous nous raconterons aux repas de famille comme un héritage précieux. Nous aurons peut-être des ampoules aux mains, mais nous éprouverons un sentiment de bien-être et d’accomplissement.
Voyons ensuite le repos du cœur
Si nous nous apprêtons à vivre de grandes retrouvailles familiales ou autres cousinades, nous avons sans doute une certaine appréhension à l’idée de cohabiter avec notre belle-fille, notre belle-sœur ou notre belle-mère ! Je le dis au féminin, mais il en va de même bien sûr pour un insupportable neveu ou un grand-oncle grincheux… Bref, nous les adorons, mais passer une semaine avec eux n’est jamais de tout repos et nous savons que la tension peut monter jusqu’à l’affrontement dont on ne sort pas indemne. Alors ? Faut-il serrer les dents et afficher un sourire de façade en se disant : « Plus que quatre jours » ? Et si nous mesurions la chance que nous avons d’appartenir à une famille, même si elle est imparfaite ? De recevoir des amis, même s’ils sont bruyants ou bavards ? D’accueillir nos petits-enfants, même s’ils nous font parfois tourner en bourrique ? C’est en profitant de ceux que nous aimons que nous nous reposerons vraiment ; c’est en goûtant leur présence, leur amitié, leur amour que nous referons nos forces, nos réserves de joie et de sérénité.
Et qu’en est-il enfin du repos de l’âme ?
Durant cet été, nous laisserons-nous conduire par l’Esprit Saint « sur des prés d’herbe fraîche pour y refaire notre âme », comme nous dit le Psaume 22, le psaume du Bon Berger ? Refaire notre âme, c’est ce dont nous avons le plus besoin ! Invitons Dieu dans nos vacances, peut-être d’une façon différente du reste de l’année. Si nous n’avons jamais récité le chapelet devant un beau paysage, nous pouvons tenter l’expérience. Si nous ne sommes pas familiers de la Liturgie des Heures, pourquoi ne pas réciter les laudes dans une petite chapelle de campagne, alors que tout le monde dort encore ? Si nous résidons à proximité d’un sanctuaire ou si nous avons simplement repéré un beau calvaire à l’orée de la forêt, nous pouvons lancer l’idée d’un pèlerinage en famille. Ne serait-ce pas l’occasion de nous confier les uns aux autres nos intentions de prière, ce qui nous tracasse, ce qui nous réjouit, nos espérances et nos projets pour la rentrée ? En devenant dans la prière des intercesseurs pour nos proches, nous goûterons le vrai repos, celui du disciple bien-aimé qui repose sur le cœur de son Seigneur.
Bel été, chers auditeurs, et que la paix du corps, du cœur et de l’âme soit au rendez-vous de vos vacances !
* À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du vendredi 8 juillet 2022
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