– LE MOT DU LUNDI – La sagesse des dirigeants

Merci à Laure Th. Chanal pour son illustration de la colombe de la Paix.

Après deux Carêmes de pandémie, nous voici entrés dans un Carême de guerre. Nous nous sentons écrasés : quand pourrons-nous nous poser et reprendre souffle ? J’avais imaginé que, dans l’ambiance de fatigue et de lourdeur de ce début d’année, le Carême ouvrirait une parenthèse rafraîchissante où nous partirions en Église, d’un seul élan, « sur des prés d’herbe fraîche pour y refaire notre âme », comme nous le fait miroiter le Psaume 22 sous la houlette du Bon Berger.

La guerre est à nos portes en Ukraine, mais nous réalisons aussi qu’il n’y a jamais eu autant de pays en guerre dans le monde : le Mexique, la Colombie, le Nigeria, l’Éthiopie, le Soudan, l’Afghanistan, la Syrie, l’Irak, la République Démocratique du Congo, la Birmanie, Israël, la Palestine, le Liban, l’Inde… et j’en oublie.

Le premier tour de l’élection présentielle en France tombe le dimanche des Rameaux et de la Passion, et le deuxième tour pour la fête de la Divine Miséricorde. Cela nous incite à crier vers Dieu : « SOS, troupeau de brebis cherche bon berger qui ne soit pas un mercenaire fuyant dès que le loup montre ses crocs. »

La prière du roi Salomon pour obtenir la sagesse, que nous pouvons lire dans la Bible au chapitre 9 du Livre de la Sagesse, nous donne trois pistes de réflexion sur les qualités du dirigeant idéal.

Première qualité : l’esprit de service

Salomon pria ainsi : « Je suis ton serviteur, le fils de ta servante ». Le dirigeant idéal garde un esprit de service : il ne défend pas ses intérêts propres, il n’agit pas pour son propre bien, mais pour le bien de ceux qui lui sont confiés, que ce soit en famille, dans l’entreprise ou au niveau de l’État. Il ne cherchera pas la reconnaissance à tout prix ; parfois même, il se rendra impopulaire, comme un père qui gronde son enfant pour le remettre dans le droit chemin. Il se montrera fier et heureux de tout ce qui se fait de bon et de beau autour de lui.

Deuxième qualité : les valeurs

Salomon pria ainsi : « Tu m’as ordonné de bâtir un temple sur Ta montagne sainte ». Le dirigeant idéal ne s’appuie pas sur des opinions ou des sentiments, mais sur une base de solides valeurs morales et, encore mieux, spirituelles, s’accordant aux dix commandements, dans le respect de la justice et du droit.

Troisième qualité : la vision

Salomon pria ainsi : « Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre […] et ce qui est dans les cieux, qui donc l’a découvert ? » Le dirigeant idéal voit plus loin, plus haut que lui. Il accepte le passé qui constitue l’histoire du pays à la tête duquel il a été placé, et il prépare l’avenir. Il sait vers quel but il veut conduire ceux qui lui sont confiés et il sait par quel chemin il faut passer.

Est-ce que ce portrait du dirigeant idéal est totalement utopique ? Il est difficile à atteindre, c’est vrai, mais nous pouvons prier pour que notre futur président et les dirigeants du monde entier s’en approchent le plus possible.

Redisons souvent ce passage sur les responsables des pouvoirs publics, dans la grande prière d’intercession du Vendredi saint : « Dieu éternel et tout-puissant, le cœur humain et les droits des peuples sont dans ta main ; regarde avec bienveillance ceux qui exercent le pouvoir sur nous ; que, par ta grâce, s’affermissent pour tous, partout sur la terre, la sécurité et la paix, la prospérité des nations et la liberté religieuse. Amen. »

* À écouter en podcast sur RCF Nancy Lorraine, émission « Un regard chrétien sur le monde », lundi 7 mars 2022

** Merci à Laure Th. Chanal de m’avoir permis d’utiliser son illustration « La colombe de la Paix ».

Une réflexion au sujet de « – LE MOT DU LUNDI – La sagesse des dirigeants »

  1. Merci Odile pour cette lumière puisée dans les Ecritures et qui nous aide à tourner nos yeux vers  » le Ciel d’où nous vient le secours  » .

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