– LE MOT DU LUNDI – Vivre le Carême avec saint Joseph

Illustration de Laure Th. Chanal

Alors que nous venons de fêter saint Joseph, j’ai envie de faire un petit bilan de l’année que le pape François a consacrée à saint Joseph. Avons-nous mieux découvert saint Joseph et avons-nous eu envie de le prier davantage ? Je suis sûre que oui. À mon petit niveau, grâce à mon livre Joseph, le secret du juste, j’ai été invitée à de nombreuses émissions et même à donner une conférence à La Rochelle. Cependant, la fin de cette année riche en grâces de toutes sortes ne signifie pas que nous devons abandonner saint Joseph et, encore moins, qu’il va nous abandonner.

Il peut au contraire nous aider à vivre ce Carême 2022 à trois niveaux :

Premier niveau : Joseph est le protecteur des familles

À cause du recensement obligatoire ordonné par les Romains, Joseph a dû quitter tout ce qu’il possédait à Nazareth, son métier, sa maison, ses amis, tout ce qu’il avait préparé pour la naissance de Jésus. Il sait ce que c’est que de manquer de tout – un toit, la sécurité, la nourriture, les vêtements, les fournitures scolaires, les loisirs… –, de s’inquiéter du lendemain, il connaît l’humiliation de ne pas parvenir, en tout cas dans un premier temps, à subvenir aux besoins de sa famille. Pensons à ces familles, surtout des femmes et des enfants pendant que les hommes sont au front, qui fuient l’Ukraine et qui se retrouvent démunies de tout. Demandons à Joseph, parce qu’il a vécu cela, de répandre sa protection sur tous les pères et mères de famille qui souffrent de ne pas pouvoir offrir à leurs enfants la sécurité et le confort dont toute famille a besoin.

Deuxième niveau : Joseph est l’homme du silence

Nous vivons dans un monde de bruit incessant où le silence doit être combattu. Regardons les jeunes autour de nous : dès qu’ils ont une minute de battement, dans les transports en commun ou dans une file d’attente, ils mettent leur casque et écoutent de la musique ou regardent des vidéos en ligne. Or, le Carême est le temps où nous partons spirituellement dans le désert, lieu de la solitude et du silence. Joseph, qui s’est mis à l’école de Jésus, qui a été le premier disciple de Jésus avec Marie, nous apprend à construire une relation avec Dieu qui commence par le silence, par la contemplation. Il nous faut faire taire les bruits du monde en nous mettant avec Joseph à l’école de Jésus, en relisant ses paroles, en l’écoutant dans le silence de nos cœurs.

Troisième niveau : Joseph nous protège de l’angoisse

Les Évangiles nous rapportent trois épisodes où Joseph a connu une grande angoisse : quand il a découvert que Marie était enceinte ; quand il a dû fuir en Égypte parce que le roi Hérode voulait faire tuer l’enfant Jésus ; quand il a cherché pendant trois jours Jésus âgé de douze ans avant de le retrouver dans le Temple. Quand notre esprit est rempli d’idées noires et de frayeurs, invoquons saint Joseph qui a protégé la Sainte Famille et l’a conduite en lieu sûr. Joseph, par sa présence forte et paternelle, nous rappelle que nous ne sommes pas seuls et que Dieu veille sur nous.

Avec saint Joseph, continuons dans la confiance et dans la joie notre chemin de Carême, car nous savons que nous avançons vers la Vie.

Pour aller plus loin :

* Joseph, le secret du juste, roman, EdB, 2018.

** À écouter en podcast sur RCF Nancy Lorraine, émission « Un regard chrétien sur le monde », mardi 22 mars 2022

*** Merci à Laure Th. Chanal pour son illustration de saint Joseph.

– LE MOT DU LUNDI – La sagesse des dirigeants

Merci à Laure Th. Chanal pour son illustration de la colombe de la Paix.

Après deux Carêmes de pandémie, nous voici entrés dans un Carême de guerre. Nous nous sentons écrasés : quand pourrons-nous nous poser et reprendre souffle ? J’avais imaginé que, dans l’ambiance de fatigue et de lourdeur de ce début d’année, le Carême ouvrirait une parenthèse rafraîchissante où nous partirions en Église, d’un seul élan, « sur des prés d’herbe fraîche pour y refaire notre âme », comme nous le fait miroiter le Psaume 22 sous la houlette du Bon Berger.

La guerre est à nos portes en Ukraine, mais nous réalisons aussi qu’il n’y a jamais eu autant de pays en guerre dans le monde : le Mexique, la Colombie, le Nigeria, l’Éthiopie, le Soudan, l’Afghanistan, la Syrie, l’Irak, la République Démocratique du Congo, la Birmanie, Israël, la Palestine, le Liban, l’Inde… et j’en oublie.

Le premier tour de l’élection présentielle en France tombe le dimanche des Rameaux et de la Passion, et le deuxième tour pour la fête de la Divine Miséricorde. Cela nous incite à crier vers Dieu : « SOS, troupeau de brebis cherche bon berger qui ne soit pas un mercenaire fuyant dès que le loup montre ses crocs. »

La prière du roi Salomon pour obtenir la sagesse, que nous pouvons lire dans la Bible au chapitre 9 du Livre de la Sagesse, nous donne trois pistes de réflexion sur les qualités du dirigeant idéal.

Première qualité : l’esprit de service

Salomon pria ainsi : « Je suis ton serviteur, le fils de ta servante ». Le dirigeant idéal garde un esprit de service : il ne défend pas ses intérêts propres, il n’agit pas pour son propre bien, mais pour le bien de ceux qui lui sont confiés, que ce soit en famille, dans l’entreprise ou au niveau de l’État. Il ne cherchera pas la reconnaissance à tout prix ; parfois même, il se rendra impopulaire, comme un père qui gronde son enfant pour le remettre dans le droit chemin. Il se montrera fier et heureux de tout ce qui se fait de bon et de beau autour de lui.

Deuxième qualité : les valeurs

Salomon pria ainsi : « Tu m’as ordonné de bâtir un temple sur Ta montagne sainte ». Le dirigeant idéal ne s’appuie pas sur des opinions ou des sentiments, mais sur une base de solides valeurs morales et, encore mieux, spirituelles, s’accordant aux dix commandements, dans le respect de la justice et du droit.

Troisième qualité : la vision

Salomon pria ainsi : « Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre […] et ce qui est dans les cieux, qui donc l’a découvert ? » Le dirigeant idéal voit plus loin, plus haut que lui. Il accepte le passé qui constitue l’histoire du pays à la tête duquel il a été placé, et il prépare l’avenir. Il sait vers quel but il veut conduire ceux qui lui sont confiés et il sait par quel chemin il faut passer.

Est-ce que ce portrait du dirigeant idéal est totalement utopique ? Il est difficile à atteindre, c’est vrai, mais nous pouvons prier pour que notre futur président et les dirigeants du monde entier s’en approchent le plus possible.

Redisons souvent ce passage sur les responsables des pouvoirs publics, dans la grande prière d’intercession du Vendredi saint : « Dieu éternel et tout-puissant, le cœur humain et les droits des peuples sont dans ta main ; regarde avec bienveillance ceux qui exercent le pouvoir sur nous ; que, par ta grâce, s’affermissent pour tous, partout sur la terre, la sécurité et la paix, la prospérité des nations et la liberté religieuse. Amen. »

* À écouter en podcast sur RCF Nancy Lorraine, émission « Un regard chrétien sur le monde », lundi 7 mars 2022

** Merci à Laure Th. Chanal de m’avoir permis d’utiliser son illustration « La colombe de la Paix ».