Le sens de la fête

Une mangeoire vide dans laquelle on ne mettra jamais l’Enfant Jésus : n’est-ce pas cela, la fête de Noël sans la foi en la Nativité ? Devant le débordement des cadeaux, je ne peux m’empêcher de me demander comment les personnes vraiment athées expliquent la fête de Noël à leurs enfants. Il n’y a aucun jugement dans mes propos, c’est juste une interrogation.

De nombreux jours fériés basés sur une fête chrétienne peuvent s’expliquer autrement : Pâques est aussi la « résurrection » de la nature après le long sommeil hivernal, la fête du printemps ; la Pentecôte est la fête des moissons ; la Toussaint est le devoir de mémoire envers nos morts, le souvenir de ceux qui nous ont précédés.

Mais je vois deux fêtes – Noël et l’Assomption de la Vierge Marie le 15 août – qui ne peuvent s’appuyer sur rien d’autre que sur la foi chrétienne.

À six mois d’intervalle, ces deux événements semblent bien incongrus dans le calendrier résolument laïc de notre République : l’accueil par Marie de Jésus sur la terre ; l’accueil par Jésus de Marie dans le Ciel.

Beaucoup d’homélies du temps de Noël nous ont invités à revenir au dépouillement qui représente le vrai sens de cet événement spirituel : le manque de place dans la salle commune pour accueillir une famille exilée, la pauvreté de la grotte, les parents démunis, la simplicité de la paille et le souffle d’un bovin pour réchauffer l’enfant. Cependant, dans le contexte social agité qui a marqué décembre, les commerçants crient à l’aide : les gens n’ont pas dépensé suffisamment et le chiffre d’affaires est fortement en baisse, menaçant la survie des petits commerces de proximité. Que faire ?

Peut-être que nous avons à continuer la mission qui fut celle des bergers après leur visite à la grotte :« Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. » (Luc 2)

Peut-être qu’il ne dépend que de nous de pouvoir rendre à Noël son sens le plus profond : un Sauveur nous est né, Dieu vient nous visiter !

Envoyons une image de la crèche à nos voisins, nos collègues, nos amis, que ce soit par Facebook ou dans une belle enveloppe. Posons une petite crèche sur notre bureau. Partageons les chants de Noël qui proclament cette bonne nouvelle : Dieu nous aime tellement qu’il s’est fait l’un de nous.

Que nos invités voient d’abord la crèche quand ils entrent chez nous.

Qu’ils puissent nous questionner : qui sont ces gens ? Je n’ose imaginer le pourcentage de jeunes qui ne sont plus capables de nommer Marie, Joseph et l’Enfant Jésus quand on leur montre une crèche.

Enfilons un gilet en (fausse) peau de mouton pour rappeler autour de nous le mystère – mieux, le miracle de Noël : Dieu s’est fait famille !

Notre pays en crise a besoin de témoins, d’apôtres. Quand on fait une grande découverte, on a envie de la partager, n’est-ce pas ? Alors comment garder pour nous la plus grande joie, la plus grande espérance ? « Mes yeux ont vu le salut ! »s’écrie Syméon. Nous aussi, qui avons entendu, qui avons vu de nos yeux, qui avons contemplé, qui avons touché de nos mains l’Incarnation de Dieu par amour pour l’humanité, (1 Jean 1), annonçons que notre vie a désormais un sens en Jésus : le sens de la fête, le sens de la joie.

Bonne et sainte Année 2019 !

Odile

 

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