En lisant une interview de la danseuse russe Sophie Galitzine, je m’arrête sur ces mots : « Le « métier » de mère est d’une beauté magnifique, mais il exige une abnégation qui n’est saluée d’aucune reconnaissance. »
Il y a, je trouve, une désacralisation du rôle de mère, devenu un métier. Par exemple, dans son spectacle très drôle de 2009, Mother Fucker, Florence Foresti s’attache à présenter la maternité sous ses dehors les plus terre-à-terre… qui sont réels, bien entendu – et cela fait du bien d’en rire – mais qui sont loin d’être l’essentiel. Elle ne parle pas du regard que votre enfant pose sur vous, et qui vous fait soudain exister. Elle ne parle pas du poids de la tête de votre bébé contre votre épaule, quand il s’endort en toute confiance et que vous n’osez plus bouger, tant pis si votre bras s’ankylose, vous pourriez rester ainsi pour l’éternité.
Aujourd’hui, bien plus qu’avant, on décide d’être mère : on attend d’abord de trouver « le bon » (comprenez : père), on profite ensuite de la vie à deux (et c’est normal de construire le « nid » avant d’y accueillir des enfants), on décide enfin du bon timing. Si nos mères avaient toutes planifié le bon moment, certains d’entre nous ne seraient pas là à lire ces lignes (rire).
Le problème est qu’à force d’être trop planifié, l’enfant n’est plus une surprise, une aventure qui nous façonne à mesure qu’on la vit : il devient un élément parmi d’autres de notre plan de carrière !
Si l’on n’en voit que les côtés matériels ou financiers, l’organisation, l’emploi du temps surchargé, alors oui, être mère est un métier. Sauf qu’on ne démissionne pas ! Pour paraphraser le verset 4 du Psaume 109 : « Tu es mère à jamais. » L’enfant n’est pas un petit « nous » que nous sortons d’un tiroir quand nous avons besoin de nourrir notre estime de soi ; il est pleinement « lui » et peut-être qu’il nous repoussera, qu’il nous contredira, qu’il nous provoquera. Et alors ? Rien ne nous séparera jamais de lui. Nous l’attendrons, jour après jour, en priant pour lui, en le guettant « au loin » comme le père dans la parabole du Fils prodigue. Parce que nous sommes mères à jamais. Parce que cet enfant qui est sorti de nous demeure en nous pour toujours.
Seigneur, aide-nous à poser un regard d’émerveillement et d’espérance sur chacun de nos enfants, aide-nous à te les présenter, jour et nuit, dans tout ce qu’ils font, en te rendant grâces pour tout ce qu’ils sont.
Bonne semaine !
Odile
Merci d’être une mère géniale, aimante qui s’est toujours occupée de nous jusqu’à t’oublier toi-même. Tu es mon exemple et j’espère être aussi humble et généreuse que toi 💙
Merci, ma puce ! Mais je n’ai pas de mérite : mes enfants sont des amours !!