« Encore un Carême ! », pensons-nous peut-être à l’approche du Mercredi des Cendres. C’est une période qui fait peur, avec son cortège de privations, de sacrifices et de silence. Pourtant, quand mes enfants en parlent, cela me semble être pour eux de bons souvenirs : « On se privait de bonbons et quand on rentrait très tard de la veillée pascale, la table était couverte de bonbons bien arrangés, c’était la fête ! »
Il y a une joie profonde à trouver dans ce temps de Carême. Remettons les choses dans une juste perspective :
– premièrement, tout n’est pas triste et pesant pendant le Carême : pensons aux liturgies tellement belles (par exemple, le « Grand Canon » de saint André de Crète ou certaines antiennes magnifiques du père André Gouzes !), au dimanche des Rameaux avec sa procession, aux temps forts de la Semaine sainte ;
– deuxièmement, nous n’avons pas à vivre le Carême comme si nous ne connaissions pas la fin de l’histoire : Jésus est ressuscité ! Pour nous, contrairement aux Apôtres, il n’y a pas de suspense, nous savons que cela « finit bien », que la Passion ouvre sur la Résurrection et que la Vie a remporté la victoire définitive sur toute forme de mort. D’ailleurs, nous continuons à célébrer l’Eucharistie – action de grâces pour la victoire du Christ – chaque jour, à l’exception du Vendredi saint où il n’y a pas de consécration, mais où nous communions néanmoins au Corps vivant de Jésus. Bien sûr, chaque vendredi, nous accompagnerons Jésus tout au long de son Chemin de Croix, en réalisant avec un amour toujours plus grand qu’il a souffert tout cela pour nous rejoindre et nous sauver… mais sans perdre de vue la lumière du matin de Pâques car c’est elle qui donne tout leur sens aux souffrances de Jésus – et aux nôtres !
Le Carême n’est pas une marche forcée dans un tunnel obscur ou un parcours de commando, dont on sort en se disant : « Ouf, c’est fini ! » C’est un « temps de grâce », nous dit la liturgie, un temps privilégié qui nous invite à avancer vers et avec Jésus. En privilégiant la prière, le jeûne et l’aumône un peu mieux qu’en temps ordinaire, nous allons retrouver une intimité avec Jésus, le bien-aimé de nos cœurs : d’ailleurs, le Mercredi des Cendres ne tombe-t-il pas en même temps que la Saint-Valentin ? Jésus nous redit qu’il nous aime et qu’il nous propose un rendez-vous amoureux. De quarante jours !
Bonne semaine et belle entrée en Carême !
Odile

Merci de nous inviter à accueillir ce temps d’abord comme un temps de grâce!