Des fourmis et des hommes

D.R.

Alors que le premier perce-neige déploie ses clochettes blanches, Noël semble déjà loin ; j’ai enlevé le sapin et les décorations, mais pas encore la crèche puisqu’on peut la laisser jusqu’à vendredi, jusqu’au 2 février, fête de la Présentation de Jésus au Temple, appelée aussi fête des lumières ou Chandeleur.

Hier, je méditais devant cette jolie crèche composée de santons de terre cuite brute, qui nous accompagne depuis nos fiançailles, mais qui s’est agrandie au fil des années. Aux personnages se sont ajoutés des animaux et des éléments de décor comme un mur de pierres, un puits, un cabane de bergers… J’observais ce petit peuple affairé qui se hâte vers la Sainte Famille et je pensais que je voyais ces gens, finalement, un peu comme Dieu nous voit : de haut, de loin.

Puis j’ai réalisé que non, je ne les voyais pas comme des fourmis, minuscules et tous pareils ; je voyais chacun dans son activité : le meunier qui porte son sac de farine, la lavandière à genoux, le musicien avec sa guitare, le vieux curé en soutane, la paysanne avec son panier sur la tête, la femme au parapluie et même le chat sur la margelle du puits. Je les connais, chacun selon ses caractéristiques ; je sais que le ravi a le bras un peu ébréché, mais que ça ne se voit pas si on le tourne vers la droite. Et je les aime tous ! Quand vient le moment de les remettre dans leur boîte, je les emballe chacun dans un mouchoir en papier pour le protéger ; et c’est toujours la même joie de les ressortir au début de l’Avent et de les voir reprendre leur place, sur la commode, dans cette joyeuse procession vers l’étable où le berceau de l’Enfant-Jésus est encore vide. De les voir reprendre leur place dans la plus belle histoire du monde. Et si l’un d’entre eux n’y était plus, il manquerait. Même la marchande de poissons que nous avons en double !

Dieu nous regarde ainsi : avec amour, avec tendresse. Il connaît nos éraflures. Mais lui ne nous contemple pas de haut, de loin. Non. Il est venu parmi nous en Jésus, il a pris un visage d’homme, un métier d’homme et les souffrances des hommes. Il ne s’est pas fait fourmi ; il est devenu vrai Dieu et vrai homme pour que nous puissions croire en l’amour. Alors, qu’attendons-nous pour sentir notre cœur se dilater à cette bonne nouvelle ?

Bonne semaine !

Odile

2 réflexions au sujet de « Des fourmis et des hommes »

  1. Qu’il est bon de se sentir regardé ainsi par un Dieu si présent à nos quotidiens ! Merci de le dire si bien !

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